Archive pour la catégorie 'ma vie'

il s’appelait Raymond – 8ème partie

aaahistraymond4.jpgRaymond est sorti de prison, il a écopé de 4 ans d’emprisonnement mais son temps de préventive plus les remises de peine pour bonne conduite et études faites en prison, avec obtention d’un diplôme, lui ont valu de sortir assez vite après son procès. 

  

Dès sa sortie, et conseillé par une assistante sociale, il suit des cours pour sa reconversion professionnelle et est en internat toute la semaine, ne rentrant auprès de son épouse et de sa fille que pour les week-end. 

  

Il nous reste peu de temps pour nous écrire nous le savons tous les deux car lorsqu’il sera définitivement chez lui, plus rien ne sera possible. 

  

REVERIE 

  

Je me suis vue dans bien des années devant le piano que vous  m’aviez offert, jouant pour vous, rien que pour vous, tout ce que nous aimions. 

  

La maison est grande, claire et propre. 

  

Depuis longtemps déjà nous sommes ensemble et chaque matin nous lisons dans les yeux l’un de l’autre, le même élan de tendresse qui nous fait vivre intensément.. 

  

C’est que nous avons tout partagé, les durs moments et les meilleurs. Rappelez-vous nos débuts, ces premières années si difficiles. Jamais vous n’avez douté et moi j’étais fière d’être auprès de vous. Je vous ai vu travailler sans ménager votre peine et dans ces moments là, j’aurais voulu être un homme pour pouvoir vous aider. 

  

Mais quand arrivait le soir, harassée de fatigue, j’étais heureuse d’être femme car malgré tous vos soucis,  vous trouviez encore le moyen de vous occuper de moi, de me faire rire, de m’émouvoir et dans notre maison aussi pauvre fut-elle, c’était le bonheur qui scintillait partout. 

  

Ce vieux meuble bancal qui était dans un coin, nos yeux le transformaient en un bahut rustique fleurant bon la cire et notre vieux réchaud devenait cheminée ; là où le sol s’effritait, nous mettions un tapis. Notre vaisselle ne valait guère mieux mais là aussi nous avons fait des prouesses ; l’assiette ébréchée devenait porcelaine de Saxe et le verre à moutarde, flûte de cristal. 

  

Bien souvent, nous avons bu le champagne du puits, chaque jour plus frais et plus limpide, puis nous nous inventions des rêves, mêlant tous deux notre imagination. 

  

La nuit tombait alors sur notre beau château et chaque soir, je vous ai retrouvé plus prévenant et plus tendre, cherchant par tous les moyens à me faire plaisir. 

  

Vous m’avez offert un bonheur merveilleux et je n’ai jamais regretté d’être de vos côtés. 

  

-Voilà mon doux cœur où mes rêves m’ont conduites 

-Auriez-vous aimé cette vie que je vous ai décrite ? 

Publié dans:ma vie |on 23 février, 2010 |Pas de commentaires »

il s’appelait Raymond – 7ème partie

aaahistraymond7.jpgRenée à bien sur très mal vendu son magasin, et à cause d’un vice de forme elle ne touchera qu’une infime partie de ce qui lui revenait ; Raymond, de sa cellule assiste impuissant à cette situation dont il prend une part de responsabilité car s’il avait été dehors….. rien de tout cela ne serait arrivé.   Avant mon départ pour l’Afrique, j’avais rendu visite à son avocat. Cet homme s’était révélé  plein de compassion pour moi, essayant de me prévenir que je m’engageais sur un chemin de non-retour puisque, une fois libéré, Raymond retournerait vers son épouse et sa fille. Il avait aussi pris connaissance des lettres que je lui écrivais et de leur contenu et avant que je le quitte, il m’avait demandé de lui écrire tout ce que je pensais de Raymond, avec mes mots à moi, lettre dont il se servirait au procès pour convaincre les jurés que cet homme qu’ils avaient à juger, était plus victime d’un moment d’égarement que coupable. J’ai appris après le procès que ma lettre avait fait partie de son plaidoyer.   

Je recevrai des missives merveilleuses de Raymond, décorés de dessins faits au pastel , dont les coins on été découpés à la lame de rasoir et colorés tels de l’origamie, et je vais, tout le temps que je le pourrai, continuer de le faire rêver.   ATTENTE : 

Depuis des heures et des heures je vous attends dans notre châlet et je m’inquiète de votre retard.   Ce matin, lorsque j’ai senti le vent se lever, lorsque j’ai vu la neige tourbillonner, j’ai su que le chemin serait rude pour vous. Alors je suis descendue dans la vallée, du plus loin que j’ai pu je vous ai cherché  puis j’ai regagné notre maison en parsemant le chemin de roses rouges.   

La lune est à son plein,elle éclaire cette surface blanche maintenant calmée.   Dans la maison j’ai tout allumé, 

Elle est un phare guidant un naufragé, Vous êtes un bon navigateur, 

Cette pensée me réchauffe le cœur.  Et tout à l’heure quand vous allez rentrer, 

Dans vos deux bras je vais me précitiper Je vous enlèverai votre manteau trempé, 

Et puis j’essuyerai vos cheveux tout mouillés  De mes mains je réchaufferai votre visage froid 

Et mes yeux vous diront quel était mon émoi. Alors vous me prendrez doucement contre vous, 

Et ensemble nous ferons les rêves les plus fous    Maintenant mon chéri, vous êtes fatigué, Je vais donc vous laisser aller vous reposer 

Je voudrais seulement avant de vous quitter  Vous entendre une seule fois me dire que vous m’aimez.   

Publié dans:ma vie |on 22 février, 2010 |1 Commentaire »

il s’appelait Raymond – 6ème partie

aaahistraymond6.jpg   Quelques mois ont passé. Le 7 mars 1972 je suis partie pour Abidjan rejoindre mon mari avec mes deux enfants.A peine débarquée, j’apprendrai que mon époux à une maitresse et sans plus d’explication sur notre avenir immédiat je me retrouverai seule pour affronter ma nouvelle vie pleine de points d’interrogation. 

  

Je pense que ce sont les lettres que j’ai pu écrire à Raymond ainsi que ses réponses qui m’ont permis de ne pas sombrer complètement dans la folie, et durant les premières semaines de mon séjour en Afrique je serai une automate pour tout ce qui concerne les actes les plus simples de la journée ne reprenant vie que lorsque je suis devant mon écritoire et que je n’existe plus que pour une seule raison :LUI. 

  

La séparation : 

  

Ma vie, mon chéri, n’a de valeur que si elle est vécue pour quelque chose ou pour quelqu’un et je vous la donne si vous en voulez, mais si vous souhaitez que je me raconte,il faut alors que vous m’aidiez parce que là, revient toute ma timidité. 

  

Je peux répondre à tous vos élans si vous savez entretenir la flamme qui brûle en moi, si vous savez cultiver ce jardin dont nous avons parlé, et comme dans tout cela j’ai aussi un rôle à jouer, je veux être tour à tour, celle qui attend, celle qui espère, et celle qui propose. 

  

Mais là,  les mots n’ont plus de sens, ou peut-être est-ce ma poêsie qui s’arrête, nous entrons dans un domaine où tout est mystérieux et où le moindre geste peut-être fatal ou merveilleux. 

  

Et ce geste, je voudrais que vous le fassiez avec la clé que je vous ai donnée et qui ouvre toutes les portes. 

  

Raymond cher à mon cœur, je pense à toi sans cesse                                                                                                                        

A cette séparation qui tous les deux nous blesse 

Y-a-t-il quelque part un coin de ciel bleu ? 

Mon cœur me dit qu’un jour nous y serons heureux, 

Où qu’il se trouve cet endroit de délices, 

Nous saurons le trouver, déjà mon cœur s’y glisse, 

Dans tes bras je suis bien, viens et ne sois plus triste. 

  

  

  

 

Publié dans:ma vie |on 21 février, 2010 |Pas de commentaires »

il s’appelait Raymond – 5ème partie

aaahistraymond5.jpgCe qui va nous aider à sublimer notre correspondance c’est que jusqu’au bout nous garderons le « vous » pour nous parler, un mot qui élève ceux qui l’utilisent, un mot qui évite tout dérapage épistolaire, un mot qui embellit les phrases, quatre petites lettres qui font toute la différence. 

  

Lorsque je me suis rendu compte de la tournure que prenaient nos lettres, j’en ai parlé à Renée par honnêteté et je pense que si elle avait réagi à ce moment là, tout se serait arrêté mais la seule chose qu’elle m’a dite en guise de réponse c’est : « c’est une femme comme vous que mon mari aurait du épouser » J’ai pris cela pour une acceptation de sa part et à partir de ce moment plus personne ni plus rien n’avait d’importance. 

  

Lors de mes visites, Raymond est de plus en plus inquiet. Il apprend par sa femme qu’elle veut vendre la boutique pour récupérer le « pas de porte » qui lui permettra de vivre un peu mieux et de voir venir mais Raymond sait qu’elle est non seulement ignorante des lois et démarches à faire pour ne pas se faire rouler mais qu’en plus elle est très têtue et que quand elle a quelque chose dans la tête,  il est très difficile, voire impossible, de l’en dissuader. 

  

Je voudrais l’aider de toutes mes forces car il faut surtout qu’il garde courage, il va lui en falloir pour affronter tous ces mois de préventive avec au bout, un procès qui est loin d’être gagné d’avance alors, avec les moyens mis à ma disposition, c’est à dire rien, si ce n’est que mon désir de l’apaiser je continue à lui écrire et à le faire rêver : 

  

Consolation 

  

………….je voudrais être pour vous la maman qui berce son petit garçon lorsque celui ci a du chagrin et que deux grosses larmes coulent le long de ses joues. 

Je voudrais être l’amie chez qui on vient bavarder en toute quiétude. 

Je voudrais être le copain sur qui on peut toujours compter. 

Je voudrais être l’épouse fidèle et attentionnée et aussi l’amante passionnée. 

  

Viens mon petit enfant, près de moi tu trouveras la paix. 

Viens mon doux ami te détendre en ma compagnie.

Viens solide camarade et offre-moi ton franc sourire. 

Viens mon compagnon et protège moi contre la vie, ta maison t’attend chaude et calme. 

Viens mon merveilleux amant, conduis-moi dans ce paradis que nous avons constuit tous les deux, pour nous deux, rien que pour nous deux. 

Publié dans:ma vie |on 20 février, 2010 |Pas de commentaires »

il s’appelait Raymond – 4ème partie

aaaahistraymondrideuax4.jpgPendant un certain temps il ne se passe rien mais Renée me raconte ses visites au parloir et c’est ainsi que je vais apprendre qui est cet homme, leur rencontre, leur mariage, je verrai même des photos sur lesquelles apparaît un bel homme. 

Au fur et à mesure qu’elle me parle, je les découvre tous les deux, j’imagine la vie qu’ils ont eu jusqu’à ce jour tragique ou tout a basculé et je me rends compte de la tristesse de celle-ci, des gens qui ne se sont jamais posé de questions, qui n’ont eu ni joie ni peine, qui ont laissé les événements les conduire. Seule leur fille est un rayon de soleil dans cette vie terne. 

  

Alors il me vient l’idée de correspondre avec Raymond pour apporter dans sa cellule un petit peu du soleil qu’il n’a jamais vu. Renée accepte et c’est ainsi que va commencer une correspondance qui va durer plus de 3 ans. 

  

Au début, les échanges sont peu nombreux et les lettres courtes et insignifiantes mais petit à petit, Raymond va commencer à « parler » à « se raconter » à se rendre compte qu’il a fait lui aussi des rêves lorsqu’il était plus jeune, qu’il avait des désirs jamais assouvis et  qu’il va commencer à vivre. 

  

Bien entendu, je montre les lettres que j’envoie et que je reçois et à mon mari et à Renée et personne ne voit rien à redire, à tel point que cela n’intéressant ni l’un ni l’autre,  je finis par cesser de parler de ma correspondance et lorsque  nous approchons de Juin 1973, date à laquelle je partirai rejoindre mon mari en Côte d’Ivoire, j’obtiens du juge trois permis de visite. 

  

Cette vitre qui nous sépare nous ne la voyions même pas, se sont nos yeux qui communiquent et les mots d’amour que nous ne prononçons pas, éclatent dans nos cœurs tels un feu d’artifice. 

  

Maintenant je connais bien Raymond, je le devine, je sais tout ce qu’il ressent et j’ai alors une folle envie de le faire réver, de s’évader en rêve de ses quatre murs. Sans bien me rendre compte de ce que je fais ni où cela va nous conduire, je l’entraine dans mon monde d’imagination où tout n’est que beauté et amour. 

  

  

  

Voici le premier poême en prose que je lui ai envoyé et que j’ai pu sauver de la catastrophe puisque ma mère un jour, découvrant ma correspondance, la détruira en me traitant une fois de plus de « vicieuse » 

  

Le prisonnier.   

  

Tous ces gens que je vois marcher autour de moi lorsque je vous quitte, c’est avec vos yeux que je voudrais les voir. 

Ces enfants qui jouent et crient, je voudrais que ce soit les nôtres. 

Cette musique venue de nulle part, c’est ensemble que je voudrais que nous l’écoutions et si je suis triste en vous quittant, c’est parce que je n’ai pas pu vous apporter tout cela en venant.

  

Mon tendre amour, les murs de votre cellule, je les ai recouvert de papier peint à fleurs bleues. J’ai aussi accroché ça et là, quelques tableaux, ceux que je préfère. A  la fenêtre, vous pouvez voir une mousseline qui frémit au moindre souffle de vent et le soir, lorsque vous tirez les doubles rideaux, ceux-ci sont de velours rouge foncé et ils nous protègent de tous les regards indiscrets. 

Publié dans:ma vie |on 19 février, 2010 |Pas de commentaires »

il s’appelait Raymond – 3ème partie

aaahistraybrquage3.jpgEncore quelques mois durant lesquels il ne se passe rien et puis un jour, on propose à Raymond de participer à un braquage sans risque, après quoi il touchera sa part, une bonne part, qui renflouera pour un certain temps les caisses de l’épicerie désespérément vides. 

  

L’isolement moral dans lequel il se trouve, le poids de la fatalité, une envie de se venger contre cette vie si injuste, envers lui et sa femme vont le faire emprunter un chemin qu’il ne connaît pas : celui de la malhonnêteté.Là non plus il ne va rien dire à sa femme, pour ne pas l’inquiéter ; de plus dans son esprit, il s’agit d’une seule tentative de récupérer par tous les moyens une partie de ce qui lui a été volé et dont tout le monde se fout y compris les hautes instances qui sont là pourtant pour défendre des gens comme lui. 

  

Cette fois là, il ne s’agit pas de matériel électrique mais de braquer un employé des allocations familiales qui vient à date fixe apporter l’argent aux familles bénéficiaires. Tout a été prévu, le fils d’un des concierges à donné tous les renseignements, les repères ont été faits, il n’y a plus qu’à attendre la tournée de l’employé car dans une des familles,  les malfaiteurs sont entrés de force et la retiennent en otage attendant que l’homme sonne, puis entre. Après quoi, il suffira de l’estourbir, de lui prendre sa saccoche et de filer. Raymond lui, est le chauffeur et il attend dehors, le moteur allumé. 

  

Le braquage va bien se passer à un détail près : dans l’affolement un des voleurs, armé alors qu’il avait été expressément dit que personne ne porterait d’arme, va tirer un coup au plafond car l’employé des allocations se débat plus qu’ils ne l’avaient imaginé. Le bruit va attirer l’attention et même si les braqueurs on pu s’enfuir, ils ont laisser trop de traces qui vont permettre à la police d’attraper toute la bande. 

  

Un soir elle se pointe chez Renée et sous ses yeux, on embarque son mari sans lui fournir la moindre explication. 

  

Renée va garder cela pour elle aussi longtemps qu’elle le pourra mais un jour, elle est forcée de me mettre au courant, non seulement parce que pour elle aussi le poids du silence est trop lourd mais en plus, elle a encore plus besoin de moi pour garder le magasin puisqu’elle va se rendre deux fois par semaine à la Santé où son mari est incarcéré . 

Publié dans:ma vie |on 18 février, 2010 |Pas de commentaires »

il s’appelait Raymond – 2ème partie

aaaraymondepicerie.jpgNous sommes en 1972, nos enfants ont grandi mais j’ai pris l’habitude d’aller assez souvent à la boutique pour donner un coup de main à Renée qui est débordée, et par sa petite fille, et par ce commerce qui l’occupe depuis 5 heures du matin, heure des livraisons, jusque tard dans la soirée pour ne pas louper une vente. 

  

Et un jour lorsqu’elle m’accueille, son visage est décomposé. Nous sommes en décembre et comme chaque année à pareille époque, Renée à commandé des victuailles de fête, foie gras, champagne etc … qu’elle a entreposées dans sa cave. Ces achats, non encore payés, sont les seuls qui lui permettent, une fois par an, grâce à des marges bénéficiaires plus conséquentes, de renflouer un peu sa trésorerie. Or des voleurs se sont introduits de nuit dans les sous-sols et ont tout déménagé. Il ne reste plus rien. La perte est considérable car les marchandises devront être payées aux fournisseurs. 

  

Et avec quel argent ? 

  

La police a été prévenue et est venue faire son enquête mais celle-ci a été tellement baclée que les policiers ne pensent même pas à chercher d’éventuelles empreintes et quand Raymond leur pose la question, l’un d’eux répond : « oh ! vous savez, des histoires comme la vôtre, nous en avons environ 7 ou 8 par jour alors !!!….. 

  

Raymond, nous le savons déjà n’est pas bavard, alors, selon sa bonne habitude, il va garder cette histoire pour lui et il va…… ruminer,….. ruminer pendant des jours, pendant des mois et il va naitre de cette situation, une colère rentrée qui va grossir…. Grossir…. et ne  demander qu’à éclater. 

  

Quelques mois passent. Pour essayer d’oublier, il travaille dans son box jusqu’à des heures avancées et il remarque qu’à quelques dizaines de mêtres de lui, un autre box est aussi occupé par des hommes, qui viennent et s’en vont, qui entreposent des réfrigérateurs, machines à laver puis viennent les rechercher et un jour, un des hommes vient lui emprunter un outil, et  c’est ainsi qu’ils vont  faire connaissance. 

  

Pourquoi Raymond n’a- t- il pas continué à se taire comme il le faisait depuis toujours ? Il faut croire que le fardeau était trop lourd à porter et il va un jour, se sentant en confiance, raconter le vol dont il a fait les frais. 

  

Ses nouveaux voisins l’écoutent en silence et puis un jour eux aussi mis en confiance vont lui révéler leurs activités. Ce sont des hommes qui dévalisent, puis revendre les marchandises volées, non pas dans les caves mais dans les entrepôts et ils font, eux, dans l’électro-ménager. 

Publié dans:ma vie |on 17 février, 2010 |Pas de commentaires »

DERRIERE LES BARREAUX- STEPHANE

aaastephane.jpgJ’ai pendant un certain temps correspondu avec un homme qui était en prison. Rien n’était prémédité mais au fil de nos écrits,des sentiments platoniques sont nés. 

Lorsqu’un homme vit entre quatre murs, coupable ou pas,les valeurs ne sont plus les mêmes car chez celui qui est privé de liberté, tout est exacerbé et prend des dimensions insoupçonnées.   J’ai donc senti le besoin de le faire rêver et d’imaginer une chose qui jamais n ‘existerait, nous le savions tous les deux,celle de notre première rencontre une fois libéré et j’espère par ces quelques lignes y être arrivée.

 Hier soir,lorsqu’enfin tu as frappé à ma porte, mon cœuC’est arrêté de battre. J’avais peur de n’être pas assez belle pour toi, peur que tu découvres, ça et là  les stigmates du temps, Peur que tu sois déçu par la Yaêl dont tu rèves depuis dix ans  En tremblant, j’ai ouvert la porte, mes yeux se sont accrochés aux tiens, je n’ai pas en le temps d’y lire tout l’amour que tu me portais que déjà, j’étais dans tes bras.  J’aurais voulu que ce moment ne finisse jamais, car je savais  qu’il ne reviendrait pas ; il y a des choses que l’on ne vit qu’une fois ; je m’impregnais de ta chaleur, de ton odeur pendant que tu murmurais des mots décousus, tant l’émotion qui t’étreignait était forte. 

  Sans bien savoir comment, nous nous sommes retrouvés dans le salon, assis l’un près de l’autre. Ma main caressait ta joue et  Recueillait les larmes qui scintillaient au bord de tes paupières et enfin, nous avons pu parler. 

  Des heures ont ainsi défilé, faites de rires et de pleurs de questions  sans réponse, puis le silence s’est établi entre nous. 

  Lequel de nous deux devait entrainer l’autre à la découverte de l’amour ? tes yeux me criaient «  aide-moi Yaêl, c’est la première fois », les miens te répondaient : « ose Stéphane, c’est toi l’homme ! »  

  Alors tu t’es levé, m’aidant à faire de même puis tu m’as conduite là où nous nous sommes réveillés ce matin. 

  Tel un bon amant, tu as commencé par éteindre la lumière pour que nos sens découvrent ce que nos yeux ne pouvaient  pas voir, puis nous sommes partis l’un et l’autre à la découverte de notre sensibilité. 

  Quelle merveilleuse aventure mon amour ! tu n’étais que douceur, je n’étais que tendresse ; l’amour que nous avions contenu pendant si longtemps, déferlait en vagues folles et malgré l’impatience de nous unir, nous contenions tant bien que mal notre désir toujours plus grand. 

  Quels merveilleux mots n’as-tu pas prononcés ? Combien de nouvelles caresses n’ai-je pas inventées ; c’était si bon de te sentir enfin contre moi, c’était si bon de découvrir tout ce désir que je t’inspirais. Là encore, c’était toi le maître, décidant de l’instant où nous allions enfin être l’un à l’autre. 

  Dans une explosion d’étincelles, nos corps se sont unis, l’un donnant à l’autre ce que l’autre donnait au premier ; l’harmonie était complète, totale, éblouissante de pureté et d’amour. 

  Las d’une merveilleuse fatigue, nous avons tout doucement retrouvé notre souffle ; alors, tu as allumé la lumière et nos yeux ont découvert ce que nos corps déjà connaissaient. 

  Dans tes yeux, j’ai lu tant d’amour, dans les miens, il y avait tant de douceur que le baiser que nous avons échangé était notre « merci ». 

  Ce matin, tu dormais encore lorsque je me suis réveillée ; tout doucement, je t’ai pris dans mes bras ; ton corps était si doux , si chaud qu’il était pareil à celui d’un enfant et je l’ai couvert de baisers. Sans ouvrir les yeux, tu as bougé, tu t’es serré un peu plus contre moi et je suis restée ainsi à te contempler faisant attention à ne pas te réveiller. 

  J’attends ce soir avec impatience car je sais qu’à nouveau nous serons l’un à l’autre, que pour moi, tu inventeras des caresses jaamais faites, que pour toi je découvrirai des mots jamais dits et que nous ne ferons qu’un. 

  Je t’aime Stéphane, plus que moi-même.Tu es entré dans ma vie où une place immense était vide sans que je le sache. J’ai besoin de toi mon chéri, aime-moi comme tu sais si bien le faire. J’ai besoin de toi Stéphane et je t’attends. 

  YAEL AVRAHAM   - Tel Aviv  1986.. .

Publié dans:ma vie |on 16 février, 2010 |Pas de commentaires »

quelques nouvelles -

aaaaetoile.jpgPendant longtemps j’ai écrit chaque jour sur mon blog. Il s’agissait pour moi de passer une de mes autobiographies.

Ce que je ne savais pas, c’est qu’ayant  participé à un concours, mon livre n’a pas été retenu parmi les 10 meilleurs mais pourtant un éditeur m’a contactée, intéressé par mes écrits.

Je viens de signer un contrat avec lui et dans quelque temps, mon livre qui s’intitule « UNE ETOILE AU FOND DU COEUR » sera publié chez Publibook – et sera également présent à la FNAC.

Que raconte ce livre ? ma vie, d’enfant, de femme, de mère, d’amante, mais plus que cela, il raconte un parcours qui pourrait répondre à la question que beaucoup se posent : notre destin nous est-il imposé ou bien, avons-nous une quelconque action sur lui.

Ma réponse est simple : les grandes lignes de notre destin sont fixées d’avance mais si nous ne faisons rien pour le vivre, nous passerons à côté.

Mon destin à moi c’était de naître, française, catholique,isssue d’une famille de gens simples et laborieux et qui ne m’ont pas aimée comme j’aurais voulu l’être, mais c’est peut-être grâce à cela, que, cherchant autre chose, j’ai trouvé mon chemin.

Celui-ci m’a conduite en Israël où je vis depuis 29 ans.IL m’a fallu 20 ans pour comprendre que je devais tout quitter pour renaitre et vivre la vie pour laquelle j’étais venue sur terre.

Je souhaite à chacun de trouver le chemin qui est le sien car ce que l’on ressent alors n’est comparable en rien à ce qui se passe en nous lorsqu nous traversons les années ne sachant pas où cela nous conduit.

 Yaël Avraham

Publié dans:ma vie |on 31 janvier, 2010 |2 Commentaires »

la passagère du dernier train-6ème partie

aaadieu.jpg

  

Octobre 1998, j’ai 60 ans, je suis retraitée, la dernière ligne de ma vie vient de commencer, je ne sais pas bien sûr combien de temps elle va durer et je ne peux pas dire si je veux qu’elle soit longue ou courte, la seule chose que j’espère c’est que mes 9 chats partent avant moi pour le reste je m’en remets à D-ieu ou au destin.Mais je constate une chose, Quand l’avenir n’est plus mesurable, le passé prend des dimensions très importantes, chaque petit détail et revu et corrigé, on passe en revue les bons moments et les moins bons comme autant d’expériences vécues,on se demande ce qu’il reste d’important à faire. 

  

Et internet va entrer dans ma vie. Là encore il s’agit d’une décision que j’ai prise alors qu’un mois au paravant, j’ignorais tout de la toile. Je ne comprends pas comment cette idée m’est venue, elle aussi m’a-t-elle été inspirée par……c’était en 2008, en Mars, que j’ai fait mes premiers pas sur le web et depuis c’est devenue ma principale occupation. J’ai eu beaucoup de chance de vivre à cette époque et de m’adapter à des moyens si modernes.   

  

  

Beaucoup de gens on peur de la mort et ils commettent l’erreur de refuser d’en parler, ils en font un sujet tabou et lorsque leur heure est arrivée, ils s’accorchent de toutes les forces qui leur restent, à ce petit souffle de vie. 

Ils oublient que cette vie qui est entrain de s’en aller est celle qu’ils critiquaient souvent, se plaignant de tout. Moi, je veux la voir venir, je veux la sentir s’approcher pour me prendre, je veux pouvoir faire un dernier examen de conscience, je veux être maitre de ma vie jusqu’au dernier moment ; je voudrais aussi savoir si comme beaucoup , j’aurai la chance de voir ce tunnel par lequel on passe pour arriver dans le lieu qui nous attend, je veux savoir si tout ce que j’ai pensé concernant l’autre monde s’apparente plus ou moins avec ce qu’il y a de l’autre côté. Et enfin que voudrais savoir si ce D-ieu dans lequel j’ai tant crû existe et aussi ce qu’il pense de moi, de ma vie, de ce que j’en ai fait.Y- a- t-il une autre vie après la mort ? et si oui est elle comme je l’ai imaginée, revient-on sur terre pour une nouvelle expérience ou part-on dans des mondes supérieurs lorsque la vie que l’on a menée sur terre à été conforme à ce que l’on attendait de nous. ? 

  

On m’a posé la question suivante :….. mais la femme que tu es aujourd’hui est -elle en accord avec elle-même ? As tu trouvé cette paix intérieure que tu as si longtemps cherchée ? 

  

La réponse est OUI, cent fois oui, mille fois oui. Malgré les erreurs que j’ai commises, je ne regrette rien car ma vie a été conforme à mes idées, j’ai toujours suivi ce qui me paraissait juste, et plus que tout, j’ai toujours agi en mon âme et conscience.Je peux partir tranquille et seul, Celui devant lequel je me présenterai aura le droit de me juger. Je m’en remets entièrement à Lui. 

  

Quant au peuple avec lequel j’ai choisi de vivre, je l’aime avec ses qualités et ses défauts, il n’est ni mieux ni moins bien qu’un autre, mais il est différent car D-ieu l’a choisit pour être son message auprès des autres peuples et au moment du jugement dernier, D-ieu jugera les autres peuples en fonction de leur conduite envers «  le peuple élu » 

  

  

                                                    F I N 

  

  

Publié dans:ma vie |on 20 janvier, 2010 |2 Commentaires »
1234

Ni OUI ni NON |
elevator |
freressuricate |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | titinou
| Rakipedia™
| toute en humour