ma vie jour après jour
15 septembre, 2010, 15:54
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ma vie
On le sait maintenant, j’aime écrire.De plus j’ai un blog visité par beaucoup de personnes qui sont, au fil du temps, devenues des amies virtuelles et qui m’encouragent à continuer à les faire rire, rêver, intriguer. Alors, lorsque je suis inspirée par un fait survenu dans ma petite vie, je le raconte.
Mon premier épisode est d’hier 14/09/20-
Depuis longtemps déjà, je ne sors de chez moi que tous les deux jours, pourquoi ? pour plein de raisons dont une : la flemme et si je ne nourrissais pas les chats de la rue à chacune de mes apparitions, je pense que je ne sortirais que deux fois par semaine.
Donc hier, je descends et m’installe sur un des bancs de ma rue, mes chats m’attendent , mon restaurant se rempli, les assiettes se vident et moi je papote avec eux. Une fois le restaurant fermé et la vaisselle faite, je décide d’aller à ma banque qui se touve à 300 mètres chercher un joli calendrier qui m’est offert chaque année. Un calendrier bien pratique puisqu’il s’accorche au mur et est assez grand pour qu’on puisse noter les trucs qu’on ne veut pas oublier.
Je rentre dans la banque et là…… je me paie un gadin de toute beauté : c’est d’abord ma canne qui tombe et moi qui m’étale dessus, mécontente, elle se rebiffe, se soulève et de son pommeau me donne un grand coup dans mes lunettes, qui elles m’écrasent l’oeil droit. Entre temps dans la banque, les secrétaires,la main sur la bouche, se sont levées de leur siège, l’une disant : oh : la ! la ! l’ autre : Mon D-ieu !, les clients eux sont figés sur place, l’émoi est à son comble. Deux surveillants s’approchent de moi suivis par d’autres curieux, chacun y allant de son conseil, : ne bougez-pas ! bougez un peu pour voir !
Enfin arrive le moment où il faut bien faire quelque chose : relever le presque quintal qui toujours écroulé au sol essaye mais sans succès. Enfin après moult efforts, je suis à la verticale, on me conduit sur un fauteuil, on me donne un verre d’eau, on me sourit, on me tapote l’épaule, je suis choyée comme je ne l’ai pas été depuis bien longtemps.
Sachant que je n’ai rien de cassé, je veux partir mais on me retient, on a peur qu’il m’arrive quelque chose quand je serai dehors, bref ! la vedette, c’était moi !
Ce matin, la star déchantait un peu car l’œil est douloureux, le genoux se plaint, le dos se fige mais…….
Ne vous inquiétez pas, la bête en a vu d’autres, des bien pires, alors elle restera, quoi qu’il arrive, fidèle au poste.
Gros bisous à vous toutes. 
vieillir en beauté
23 juillet, 2010, 16:50
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Vieillir en beauté –
Et bien voilà ! j’y suis, bientôt 72 ans, avec un passé large comme une avenue et un avenir qui rétrécit chaque jour et pourtant quel bonheur !
Oui bien sûr, la carcasse en a pris un coup, des rafistolage ici et là, des points de croix un peu sur toutes les coutures, mais avec toutes ces marques distinctives, je suis sure qu’on me retrouvera facilement dans le cas où je m’égarerais.
Les kilos, ils sont bien là, fidèles au poste, ils m’entourent et me calinent car eux non plus ne veulent pas que je me perde.
Mes yeux, grâce à la science, y voient presque comme s’ils avaient vingt ans, et me permettent de fouiller ici et là sur la toile, sur le net, sur le web, partout, à la recherche des beautés de notre planète, car c’est vrai qu’elle est belle, presque autant que moi, c’est vous dire !
Mon cœur ? il bat à un rythme régulier et si parfois il lui arrive de s’emballer c’est presque toujours de joie, très rarement de chagrin car ce dernier fait partie de mes souvenirs et comme tels, ils sont rangés dans une petite boite dont j’ai perdu la clé.
Que vous dire des organes qui me restent (car on m’a enlevé ceux qui ne méritaient pas de continuer un bout de chemin avec moi), ils sont là et essayent de bien se conduire et si parfois ils me jouent quelques tours, je ne leur en veux pas car c’est leur façon à eux de me dire qu’ils sont toujours présent.
J’ai gardé le plus beau pour la fin :
-la joie d’avoir des cheveux blancs qui donnent à mon visage un air plus doux
-la joie d’avoir des rides qui sont pour la plupart la marque d’une vie bien remplie
-la joie d’être toujours en encore capable de sourire, de rire, de pleurer, d’aimer
Mais surtout :
L’intime conviction d’avoir fait de ma vie quelque chose qui valait le coup d’être vécu c’est le plus beau cadeau qu’on peut se faire à soi-même, des erreurs oui, des regrets, jamais !.
Vous les jeunettes n’ayez plus peur de l’avenir car quoi que vous en pensiez, il sera ce que vous en aurez fait.
Regardez autour de vous, appréciez les instants qui passent, oubliez ce qui n’a pas d’importance, et dites-vous que vous êtes le conducteur de ce train qu’est la vie, et comme un jour, que vous le vouliez ou non, il finira par s’arrêter, profitez du voyage, admirez les spectacles qui s’offrent à vos yeux, humez les senteurs qui parviennent à vos sens, ne roulez pas trop vite, arrêtez vous de temps en temps pour faire le plein, et repartez confiant vers de nouvelles aventures.


Et que la dernière étape vous conduise vers…… l’infini.
Yaël le 23/07/2010
le kibbutz
23 avril, 2010, 10:50
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ma vie
LE KIBBOUTZ ET LE VOLONTARIAT –
C’EST LE RECIT D’ UNE EXPERIENCE ORIGINALE QUI SE POURSUIT ENCORE, REDIGE D UNE MANIERE SINCERE PAR CELLE QUI L ‘A VECUE.
CELA DONNE UNE IDEE DES DIFFICULTES QU ‘AFFRONTENT TOUS CEUX QUI VIENNENT EN ISRAEL AVEC LE DESIR DE CHANGER DE VIE
ET AUSSI DE SERVIR. (note de l’éditeur – année 1981)
Débarquer, comme ça, un jour en Israël pour tenter de s’y installer quand on est non-juive, que l’on a 42 ans, que l’on ne connaît pratiquement personne, que l’on ne parle pas l’hébreu et très mal l’anglais, c’est soit de la folie soit de l’idéalisme. C’est pourtant une histoire qui existe : c’est la mienne.
La réalisation de mon rêve vieux de 20 ans prend naissance le 7 Mars 1981 quand je descends de l’avion et pose pour la deuxième fois de ma vie le pied sur la terre d’Israël.
Trois jours après, suite à l’intervention d’une famille d’Ashdod avec laquelle je corresponds depuis 2 ans, je me retrouve à Nir-Am (sillon du peuple), Kibboutz situé à l’entrée du Néguev, à 25 km d’Ashkélon et qui comprend environ 180 familles.
Même si l’on ne sait pas qu’il y a quelques dizaines d’années, cet endroit n’était qu’un désert, on est forcé de tomber en admiration devant cette nature luxuriante qui vous souhaite la bienvenue.
Devant vos yeux défilent des haies d’hibiscus, s’enchevêtrent des branches de bougainvillées, le sol est recouvert de fleurs de frangipaniers et chaque maison est entourée de roses, d’œillets et de plantes grasses.
Frédéric est le responsable des volontaires. Agé de 30 ans, barbu, sympathique et parlant français, il me confie très vite que ma venue pose un problème. En effet, les 40 volontaires actuellement au kibboutz sont âgés de 18 à 25 ans et ne parlent qu’anglais; dans cette ambiance qui n’est absolument pas la mienne, je risque d’être très déçue et de repartir avec une mauvaise impression.
La chance, qui se manifestera d’ailleurs souvent sur mon chemin, va jouer une première fois : une jeune française est arrivée la veille et il y a une place dans sa chambre. C’est grâce à cet arrangement que Frédéric m’acceptera à Nir-Am et me conduira, séance tenante à mes nouveaux « appartements » situés à une extrémité du Kibboutz appelée « ghetto ».
La pièce dans laquelle je pénètre fait partie d’un bloc en fibrociment de 5 chambres en alignement. L’intérieur est sombre malgré les deux fenêtres auxquelles pend, un restant de moustiquaire. Deux lits sur lesquels nous apprendrons à nous asseoir avec précaution, des couvertures qui en ont vu de toutes les couleurs, une armoire sans porte, une table de cuisine en formica rouge et une chaise.
Par contre, pour les murs, nous sommes gâtées puisque nous avons hérité de tous les fantasmes des précédents locataires.
Je digère assez bien ce premier choc et mon « aventure » commence. Les deux premiers jours sont consacrés à la reconnaissance des lieux et au choix de nos tenues de travail qui se composeront de chemises d’hommes, de pantalons trop grands et de vieilles chaussures dans lesquelles mes pieds crieront grâce!
Je suis affectée à l’usine qui fabrique des couverts de table.
Les trois premiers jours, je travaille de 6h du matin à 14h dans une salle de tri, réservée en général aux personnes âgées; nous manipulons pendant des heures, cuillères, fourchettes et couteaux que nous sortons des caisses pour les ranger dans d’autres afin qu’ils subissent les dernières retouches de chromage et polissage.
Un matin, je suis envoyée directement devant les machines. C’est une salle immense dont les murs et le sol sont recouverts de projection d’huile et de limaille ; le bruit est infernal car douze mâchoires tournent en cadence régulière au-dessus d’immenses rouleaux de polissage.
J’ai le cœur qui se serre car je pense que je ne vais pas tenir le coup. Pourtant, après deux jours passés dans cette ambiance, je demande à rester dans la salle des machines et mon choix me surprend.
Moi qui, en France ,était attachée de direction, toujours tirée à quatre épingles et ne recevant que sur rendez-vous, comment puis-je trouver un intérêt quelconque à ce travail d’usine d’ou l’on sort taché de graisse et rompu de fatigue? Pourtant, j’aime ce que je fais parce que je me mesure à des éléments nouveaux en ce qui me concerne.
Avant, je travaillais avec mon cerveau, maintenant, j’utilise mes mains ; j’étais assise huit heures par jour dans un bureau confortable, je dois me tenir six heures debout, face à des engins bruyants et sales et de surcroît, il y a cette ambiance muette, du fait du bruit, où nous devons nous comprendre uniquement par gestes.
Alors que je travaille depuis plus de deux mois dans le cadre que je viens de décrire, je suis brutalement affectée aux champs car la période des melons vient de commencer et nous sommes tous réquisitionné pour ce travail.
Le choc est rude pour moi car je me sens parfaitement intégrée à l’équipe et je n’ai pas envie de la quitter. Mais dans un kibboutz, il n’existe pas de décision personnelle ; seul, l’intérêt de la communauté prime; cela aussi est difficile à admettre pour un esprit français, donc indépendant.
C’est un peu la mort dans l’âme que je pars pour les champs tous les matins à 5 heures, persuadée que cette fois, je vais flancher, d’une part parce que je pense que physiquement ce sera trop pénible et d’autre part parce que durant tout ce temps passé au kibboutz, mon moral n’a pas toujours été bon. Les premiers temps, j’avais tout à découvrir, ce qui occupait mes moments de loisirs, mais dans un cercle aussi fermé que peut l’être un kibboutz, on parvient très vite à une sorte de routine ; on voit pratiquement toujours les mêmes personnes on tient à peu près toujours les mêmes conversations, ce dont je me suis finalement lassée.
Quant à mes rapports avec les volontaires, ils étaient excellents mais je commençais à être fatiguée de ces nuits sans sommeil dues aux nombreuses fêtes données par les uns et les autres à grand renfort de cris et de musique et ce, jusqu’à l’aube.
Pourtant j’ai, là aussi, tenu le coup, soulevant durant des heures des seaux remplis de fruits murs et pesant entre 10 et 15 kgs, trié des tonnes de melons en fonction de leur couleur, de leur forme, de leur grosseur.
Moshé, membre du kibboutz, responsable de ce travail, m’a beaucoup épaulée, pétillant d’intelligence et de dynamisme, on ne peut imaginer le potentiel de facultés qu’il possède. C’est chez Olga d’origine roumaine, arrivée à Nir-Am il y a près de 40 ans, au début de la création de celui-ci, que j’étais invitée à tout moment, d’autant plus qu’elle raffolait converser en français .C’est Stéphen, ce jeune volontaire allemand qui se posait beaucoup de questions sur le rôle que son pays a joué voici 40 ans et qui est venu ici pour mieux comprendre ce peuple qui a été opprimé par le sien et peut-être aussi pour demander pardon.?
Au mois de juin, j’ai eu la désagréable surprise d’apprendre que je ne pourrais pas apprendre l’hébreu dans l’oulpan se trouvant dans un kibboutz voisin et en moins de trois semaines j’ai dû trouver une solution.
Ceci m’a conduite à Tel-Aviv où j’étudie depuis deux mois.
De nouvelles aventures et découvertes m’attendaient et m’attendent encore et si aujourd’hui je ne sais pas de quoi est fait demain, je suis par contre certaine que je vais continuer sur le chemin que j’ai choisi afin que mon rêve devienne réalité.
il s’appelait Raymond – 9ème partie
24 février, 2010, 10:13
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ma vie
Moi je suis en plein marasme. Séparée de mon mari, je vis avec un compagnon africain qui est entrain de devenir fou. Au travail c’est le drame et c’est dans ces conditions que je vais perdre la seule chose qui me tenait la tête hors de l’eau.
Jusqu’au bout je lui écrirai, jusqu’au bout j’essayerai de lui insuffler le courage de continuer. Moi, lorsque j’aurai besoin de lui, il n’y aura plus personne car il sera repris par la vie de tous les jours ainsi que par cette nouvelle vie qui commence pour lui…. sans moi.
……..La nuit tombe tout doucement, nous sommes sur la terrasse, le repas terminé, nous écoutons le silence. La mer remonte, nous le savons sans la voir puisque son cœur vient, d’un rythme régulier, frapper le flanc des rochers.
Les feuilles des arbres s’agitent au moindre souffle du vent.
Alors sans rien dire vous vous levez, vous me tendez la main et je la prends car je sais qu’elle m’invite à une longue promenade à vos côtés. Nous descendons les quelques marches, puis nous nous enfonçons dans le sous-bois. Nous marchons ainsi perdus dans nos pensées, les feuilles craquant sous nos pas car c’est déjà l’automne et ce bruit nous rappelle que nous existons. Qu’il est bon de marcher ainsi main dans la main comme nous le faisons depuis des années !. Je sens mon cœur battre un peu plus vite et la pression de votre main se resserre.
Devant nous, une petite clairière nous invite et c’est sur un tapis de mousse que nous nous reposons.
Vos mains sont douces comme des pétales de roses et vos baisers brulants comme le sirocco et lorsqu’un long frisson tout à coup me parcourt, vous savez alors très bien que ce n’est pas le froid mais seulement le désir d’être tout à vous.
23/05/1973 écrit que je viens de retrouver et que j’avais oublié
A la source de vos lèvres je viendrai les chercher
Ces 1000 baisers brulants et j’en redemanderai
Et comme la source est intarissable
Votre cœur en produisant beaucoup,
J’en aurai pour un temps indéfinissable
Il suffira de les demander, c’est tout !
Et comment les demande-t-on à un homme tel que vous ?
Faut-il faire une prière, ou bien devenir fou ?
Ou encore se blottir contre votre poitrine
Ne dites rien cher cœur, ne dites rien je devine.
Dans un petit sachet que vous m’avez donné
Il y a mille baisers qui sont ma récompense
Dites-moi mon chéri si vous avez trouvé
Le temps qu’il me faudra pour en faire la dépense. ?
Dans les derniers jours de notre correspondance.
Si ma lettre ne vous plait pas
C’est que je suis triste à mourir
J’aurai voulu rêver
Mais le rêve n’a pas voulu venir
J’ai l’impression d’être abandonnée
Et de vous avoir perdu à jamais
Mais que deviendrai-je si cela arrivait
Ce vide qui m’entoure est comme un gros nuage
Et j’avance titubante en cherchant mon chemin
Chaque pas que je fais me coute davantage
Je me demande quand vous me tendrez la main
Mon cœur est un ténor et ne chante que pour vous
Avant il était mort, il vit depuis le jour
Ou vous m’avez écrit combien vous m’aimez
Alors oui vous pouvez changer tous les mots
Je suis sure que votre âme en connaît de très beaux
Vous pouvez à loisir faire les rectifications
Que ce soit avec ou sans ma permission.
Lorsque ma mère détruira une grande partie de mes écrits, elle me privera de beaucoup de mes souvenirs et c’est pour cela que ceux qui restent, j’ai eu beaucoup de plaisir à les retranscrire ici, car c’était un moyen de les faire revivre même si ce n’est que pour un court instant.
F I N
il s’appelait Raymond – 8ème partie
23 février, 2010, 10:25
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ma vie
Raymond est sorti de prison, il a écopé de 4 ans d’emprisonnement mais son temps de préventive plus les remises de peine pour bonne conduite et études faites en prison, avec obtention d’un diplôme, lui ont valu de sortir assez vite après son procès.
Dès sa sortie, et conseillé par une assistante sociale, il suit des cours pour sa reconversion professionnelle et est en internat toute la semaine, ne rentrant auprès de son épouse et de sa fille que pour les week-end.
Il nous reste peu de temps pour nous écrire nous le savons tous les deux car lorsqu’il sera définitivement chez lui, plus rien ne sera possible.
REVERIE
Je me suis vue dans bien des années devant le piano que vous m’aviez offert, jouant pour vous, rien que pour vous, tout ce que nous aimions.
La maison est grande, claire et propre.
Depuis longtemps déjà nous sommes ensemble et chaque matin nous lisons dans les yeux l’un de l’autre, le même élan de tendresse qui nous fait vivre intensément..
C’est que nous avons tout partagé, les durs moments et les meilleurs. Rappelez-vous nos débuts, ces premières années si difficiles. Jamais vous n’avez douté et moi j’étais fière d’être auprès de vous. Je vous ai vu travailler sans ménager votre peine et dans ces moments là, j’aurais voulu être un homme pour pouvoir vous aider.
Mais quand arrivait le soir, harassée de fatigue, j’étais heureuse d’être femme car malgré tous vos soucis, vous trouviez encore le moyen de vous occuper de moi, de me faire rire, de m’émouvoir et dans notre maison aussi pauvre fut-elle, c’était le bonheur qui scintillait partout.
Ce vieux meuble bancal qui était dans un coin, nos yeux le transformaient en un bahut rustique fleurant bon la cire et notre vieux réchaud devenait cheminée ; là où le sol s’effritait, nous mettions un tapis. Notre vaisselle ne valait guère mieux mais là aussi nous avons fait des prouesses ; l’assiette ébréchée devenait porcelaine de Saxe et le verre à moutarde, flûte de cristal.
Bien souvent, nous avons bu le champagne du puits, chaque jour plus frais et plus limpide, puis nous nous inventions des rêves, mêlant tous deux notre imagination.
La nuit tombait alors sur notre beau château et chaque soir, je vous ai retrouvé plus prévenant et plus tendre, cherchant par tous les moyens à me faire plaisir.
Vous m’avez offert un bonheur merveilleux et je n’ai jamais regretté d’être de vos côtés.
-Voilà mon doux cœur où mes rêves m’ont conduites
-Auriez-vous aimé cette vie que je vous ai décrite ?
il s’appelait Raymond – 7ème partie
22 février, 2010, 10:26
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ma vie
Renée à bien sur très mal vendu son magasin, et à cause d’un vice de forme elle ne touchera qu’une infime partie de ce qui lui revenait ; Raymond, de sa cellule assiste impuissant à cette situation dont il prend une part de responsabilité car s’il avait été dehors….. rien de tout cela ne serait arrivé. Avant mon départ pour l’Afrique, j’avais rendu visite à son avocat. Cet homme s’était révélé plein de compassion pour moi, essayant de me prévenir que je m’engageais sur un chemin de non-retour puisque, une fois libéré, Raymond retournerait vers son épouse et sa fille. Il avait aussi pris connaissance des lettres que je lui écrivais et de leur contenu et avant que je le quitte, il m’avait demandé de lui écrire tout ce que je pensais de Raymond, avec mes mots à moi, lettre dont il se servirait au procès pour convaincre les jurés que cet homme qu’ils avaient à juger, était plus victime d’un moment d’égarement que coupable. J’ai appris après le procès que ma lettre avait fait partie de son plaidoyer.
Je recevrai des missives merveilleuses de Raymond, décorés de dessins faits au pastel , dont les coins on été découpés à la lame de rasoir et colorés tels de l’origamie, et je vais, tout le temps que je le pourrai, continuer de le faire rêver. ATTENTE :
Depuis des heures et des heures je vous attends dans notre châlet et je m’inquiète de votre retard. Ce matin, lorsque j’ai senti le vent se lever, lorsque j’ai vu la neige tourbillonner, j’ai su que le chemin serait rude pour vous. Alors je suis descendue dans la vallée, du plus loin que j’ai pu je vous ai cherché puis j’ai regagné notre maison en parsemant le chemin de roses rouges.
La lune est à son plein,elle éclaire cette surface blanche maintenant calmée. Dans la maison j’ai tout allumé,
Elle est un phare guidant un naufragé, Vous êtes un bon navigateur,
Cette pensée me réchauffe le cœur. Et tout à l’heure quand vous allez rentrer,
Dans vos deux bras je vais me précitiper Je vous enlèverai votre manteau trempé,
Et puis j’essuyerai vos cheveux tout mouillés De mes mains je réchaufferai votre visage froid
Et mes yeux vous diront quel était mon émoi. Alors vous me prendrez doucement contre vous,
Et ensemble nous ferons les rêves les plus fous Maintenant mon chéri, vous êtes fatigué, Je vais donc vous laisser aller vous reposer
Je voudrais seulement avant de vous quitter Vous entendre une seule fois me dire que vous m’aimez.
il s’appelait Raymond – 6ème partie
21 février, 2010, 10:14
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ma vie
Quelques mois ont passé. Le 7 mars 1972 je suis partie pour Abidjan rejoindre mon mari avec mes deux enfants.A peine débarquée, j’apprendrai que mon époux à une maitresse et sans plus d’explication sur notre avenir immédiat je me retrouverai seule pour affronter ma nouvelle vie pleine de points d’interrogation.
Je pense que ce sont les lettres que j’ai pu écrire à Raymond ainsi que ses réponses qui m’ont permis de ne pas sombrer complètement dans la folie, et durant les premières semaines de mon séjour en Afrique je serai une automate pour tout ce qui concerne les actes les plus simples de la journée ne reprenant vie que lorsque je suis devant mon écritoire et que je n’existe plus que pour une seule raison :LUI.
La séparation :
Ma vie, mon chéri, n’a de valeur que si elle est vécue pour quelque chose ou pour quelqu’un et je vous la donne si vous en voulez, mais si vous souhaitez que je me raconte,il faut alors que vous m’aidiez parce que là, revient toute ma timidité.
Je peux répondre à tous vos élans si vous savez entretenir la flamme qui brûle en moi, si vous savez cultiver ce jardin dont nous avons parlé, et comme dans tout cela j’ai aussi un rôle à jouer, je veux être tour à tour, celle qui attend, celle qui espère, et celle qui propose.
Mais là, les mots n’ont plus de sens, ou peut-être est-ce ma poêsie qui s’arrête, nous entrons dans un domaine où tout est mystérieux et où le moindre geste peut-être fatal ou merveilleux.
Et ce geste, je voudrais que vous le fassiez avec la clé que je vous ai donnée et qui ouvre toutes les portes.
Raymond cher à mon cœur, je pense à toi sans cesse
A cette séparation qui tous les deux nous blesse
Y-a-t-il quelque part un coin de ciel bleu ?
Mon cœur me dit qu’un jour nous y serons heureux,
Où qu’il se trouve cet endroit de délices,
Nous saurons le trouver, déjà mon cœur s’y glisse,
Dans tes bras je suis bien, viens et ne sois plus triste.
il s’appelait Raymond – 5ème partie
20 février, 2010, 10:00
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ma vie
Ce qui va nous aider à sublimer notre correspondance c’est que jusqu’au bout nous garderons le « vous » pour nous parler, un mot qui élève ceux qui l’utilisent, un mot qui évite tout dérapage épistolaire, un mot qui embellit les phrases, quatre petites lettres qui font toute la différence.
Lorsque je me suis rendu compte de la tournure que prenaient nos lettres, j’en ai parlé à Renée par honnêteté et je pense que si elle avait réagi à ce moment là, tout se serait arrêté mais la seule chose qu’elle m’a dite en guise de réponse c’est : « c’est une femme comme vous que mon mari aurait du épouser » J’ai pris cela pour une acceptation de sa part et à partir de ce moment plus personne ni plus rien n’avait d’importance.
Lors de mes visites, Raymond est de plus en plus inquiet. Il apprend par sa femme qu’elle veut vendre la boutique pour récupérer le « pas de porte » qui lui permettra de vivre un peu mieux et de voir venir mais Raymond sait qu’elle est non seulement ignorante des lois et démarches à faire pour ne pas se faire rouler mais qu’en plus elle est très têtue et que quand elle a quelque chose dans la tête, il est très difficile, voire impossible, de l’en dissuader.
Je voudrais l’aider de toutes mes forces car il faut surtout qu’il garde courage, il va lui en falloir pour affronter tous ces mois de préventive avec au bout, un procès qui est loin d’être gagné d’avance alors, avec les moyens mis à ma disposition, c’est à dire rien, si ce n’est que mon désir de l’apaiser je continue à lui écrire et à le faire rêver :
Consolation
………….je voudrais être pour vous la maman qui berce son petit garçon lorsque celui ci a du chagrin et que deux grosses larmes coulent le long de ses joues.
Je voudrais être l’amie chez qui on vient bavarder en toute quiétude.
Je voudrais être le copain sur qui on peut toujours compter.
Je voudrais être l’épouse fidèle et attentionnée et aussi l’amante passionnée.
Viens mon petit enfant, près de moi tu trouveras la paix.
Viens mon doux ami te détendre en ma compagnie.
Viens solide camarade et offre-moi ton franc sourire.
Viens mon compagnon et protège moi contre la vie, ta maison t’attend chaude et calme.
Viens mon merveilleux amant, conduis-moi dans ce paradis que nous avons constuit tous les deux, pour nous deux, rien que pour nous deux.
il s’appelait Raymond – 4ème partie
19 février, 2010, 10:29
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ma vie
Pendant un certain temps il ne se passe rien mais Renée me raconte ses visites au parloir et c’est ainsi que je vais apprendre qui est cet homme, leur rencontre, leur mariage, je verrai même des photos sur lesquelles apparaît un bel homme.
Au fur et à mesure qu’elle me parle, je les découvre tous les deux, j’imagine la vie qu’ils ont eu jusqu’à ce jour tragique ou tout a basculé et je me rends compte de la tristesse de celle-ci, des gens qui ne se sont jamais posé de questions, qui n’ont eu ni joie ni peine, qui ont laissé les événements les conduire. Seule leur fille est un rayon de soleil dans cette vie terne.
Alors il me vient l’idée de correspondre avec Raymond pour apporter dans sa cellule un petit peu du soleil qu’il n’a jamais vu. Renée accepte et c’est ainsi que va commencer une correspondance qui va durer plus de 3 ans.
Au début, les échanges sont peu nombreux et les lettres courtes et insignifiantes mais petit à petit, Raymond va commencer à « parler » à « se raconter » à se rendre compte qu’il a fait lui aussi des rêves lorsqu’il était plus jeune, qu’il avait des désirs jamais assouvis et qu’il va commencer à vivre.
Bien entendu, je montre les lettres que j’envoie et que je reçois et à mon mari et à Renée et personne ne voit rien à redire, à tel point que cela n’intéressant ni l’un ni l’autre, je finis par cesser de parler de ma correspondance et lorsque nous approchons de Juin 1973, date à laquelle je partirai rejoindre mon mari en Côte d’Ivoire, j’obtiens du juge trois permis de visite.
Cette vitre qui nous sépare nous ne la voyions même pas, se sont nos yeux qui communiquent et les mots d’amour que nous ne prononçons pas, éclatent dans nos cœurs tels un feu d’artifice.
Maintenant je connais bien Raymond, je le devine, je sais tout ce qu’il ressent et j’ai alors une folle envie de le faire réver, de s’évader en rêve de ses quatre murs. Sans bien me rendre compte de ce que je fais ni où cela va nous conduire, je l’entraine dans mon monde d’imagination où tout n’est que beauté et amour.
Voici le premier poême en prose que je lui ai envoyé et que j’ai pu sauver de la catastrophe puisque ma mère un jour, découvrant ma correspondance, la détruira en me traitant une fois de plus de « vicieuse »
Le prisonnier.
Tous ces gens que je vois marcher autour de moi lorsque je vous quitte, c’est avec vos yeux que je voudrais les voir.
Ces enfants qui jouent et crient, je voudrais que ce soit les nôtres.
Cette musique venue de nulle part, c’est ensemble que je voudrais que nous l’écoutions et si je suis triste en vous quittant, c’est parce que je n’ai pas pu vous apporter tout cela en venant.
Mon tendre amour, les murs de votre cellule, je les ai recouvert de papier peint à fleurs bleues. J’ai aussi accroché ça et là, quelques tableaux, ceux que je préfère. A la fenêtre, vous pouvez voir une mousseline qui frémit au moindre souffle de vent et le soir, lorsque vous tirez les doubles rideaux, ceux-ci sont de velours rouge foncé et ils nous protègent de tous les regards indiscrets.
il s’appelait Raymond – 3ème partie
18 février, 2010, 10:40
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ma vie
Encore quelques mois durant lesquels il ne se passe rien et puis un jour, on propose à Raymond de participer à un braquage sans risque, après quoi il touchera sa part, une bonne part, qui renflouera pour un certain temps les caisses de l’épicerie désespérément vides.
L’isolement moral dans lequel il se trouve, le poids de la fatalité, une envie de se venger contre cette vie si injuste, envers lui et sa femme vont le faire emprunter un chemin qu’il ne connaît pas : celui de la malhonnêteté.Là non plus il ne va rien dire à sa femme, pour ne pas l’inquiéter ; de plus dans son esprit, il s’agit d’une seule tentative de récupérer par tous les moyens une partie de ce qui lui a été volé et dont tout le monde se fout y compris les hautes instances qui sont là pourtant pour défendre des gens comme lui.
Cette fois là, il ne s’agit pas de matériel électrique mais de braquer un employé des allocations familiales qui vient à date fixe apporter l’argent aux familles bénéficiaires. Tout a été prévu, le fils d’un des concierges à donné tous les renseignements, les repères ont été faits, il n’y a plus qu’à attendre la tournée de l’employé car dans une des familles, les malfaiteurs sont entrés de force et la retiennent en otage attendant que l’homme sonne, puis entre. Après quoi, il suffira de l’estourbir, de lui prendre sa saccoche et de filer. Raymond lui, est le chauffeur et il attend dehors, le moteur allumé.
Le braquage va bien se passer à un détail près : dans l’affolement un des voleurs, armé alors qu’il avait été expressément dit que personne ne porterait d’arme, va tirer un coup au plafond car l’employé des allocations se débat plus qu’ils ne l’avaient imaginé. Le bruit va attirer l’attention et même si les braqueurs on pu s’enfuir, ils ont laisser trop de traces qui vont permettre à la police d’attraper toute la bande.
Un soir elle se pointe chez Renée et sous ses yeux, on embarque son mari sans lui fournir la moindre explication.
Renée va garder cela pour elle aussi longtemps qu’elle le pourra mais un jour, elle est forcée de me mettre au courant, non seulement parce que pour elle aussi le poids du silence est trop lourd mais en plus, elle a encore plus besoin de moi pour garder le magasin puisqu’elle va se rendre deux fois par semaine à la Santé où son mari est incarcéré .