bric a brac : coup de coeur, coup de gueule, poesie insolite

les héros oubliés
6 mai, 2010, 10:20
Classé dans : journées mondiales

aaaaspir2.jpgL’histoire de Maurice Livartowski.

Son heure n’était pas venue 

  

Les parents de Maurice, tous deux originaires de Biélorussie se rencontrent à Paris en Maurice nait  en 1917 et il est formé au métier de tapissier. 

Appelé sous les drapeaux en 1938 il vit la débacle de l’armée française avec beaucoup d’amertume et trouve un travail à l’usine.Membre d’un réseau de fabrication de faux papiers, il est arrêté sur le lieu de son travail en Novembre 1943 et emprisonné à Limoges. 

Ensuite, envoyé à Fresnes, il assiste à l’éxécution quotidienne d’otages sélectionnés au hasard. Questionné par la guestapo il répond aux questions en parlant football, déporté à Drancy, il arrivera à cacher jusqu’au bout ses origines juives. 

  

A Auschwitz-Birkenau, il est affecté » au commando charger de vider les chambres à gaz des déportés exterminés et à ce titre est voué à une mort certaine car les SS exterminent systématiquelment au bout de quelques semaines les déportés chargés de cette besogne.Au bout de 17 jours , il sera sauvé par un médecin tchèque qui, pour le sortir du commando le roue de coups, sans que Maurice comprenne alors les raisons de cette violence. 

  

IL est transféré à Jawischowitz, un camp satellite d’Auschwitz. Là il  rencontrera Henri Krazuski, futur leader de la CGT. 

Un jour qu’il s’est trompé de groupe en quittant la mine de charbon où il travaille, un SS lui mutile la main à coups de nerf de bœuf. Il part ensuite pour Auschwitz III (BunMonowitz) où il organise un trafic de soupe en faveur des déportés malades. Lui-même survit en partie grâce au soutien de ses camarades résistants. 

Une marche vers la mort l’amène jusqu’au Gleiwitz (Pologne)avant son transfert à Dora camp satellite de Buchenwald en Allemagne où les déportés produisent les fusées V1 et V2. Il aboutit enfin à Bergen-Belsen où il est libéré par les Anglais ; Rentré en France, il fait alors la connaissance de son fils de deux ans. 



les héros oubliés
27 avril, 2010, 9:35
Classé dans : journées mondiales

aaaacampconcentr.jpgLES HEROS OUBLIES 

  

Jusqu’ici j’avais toujours hésité à vous parler de cette sombre période de notre histoire,car je sais qu’il y a hélas beaucoup de gens qui ont envie de tourner la page, quant aux jeunes, beaucoup ignorent ce qui s’est passé non seulement parce que les parents ne leur ont rien dit mais aussi parce que le passé, c’est pour les vieux (dixit, l’un de mes fils) alors qu’eux sont tournés vers l’avenir , un avenir qui file à 200 km à l’heure. 

  

Pour la journée des déportés, j’ai raconté une histoire qui a eu beaucoup de commentaires positifs et plusieurs personnes m’ont même fait savoir qu’elles s’intéressaient à tout ce qui s’était passé pendant la deuxième guerre mondiale. 

  

Alors l’idée m’est venue de faire des recherches et de vous en livrer le résultat. Il s’agit d’histoires de gens, simples au départ, mais qui sont devenus des héros malgré eux. 

  

Moi, les questions que je me suis toujours posées sont  : 

  

-1) comment de telles atrocités peuvent –elles être commises ? 

-2) comment des gouvernements, des groupes,des personnes bien intentionnées peuvent-elles avoir laissé faire ? 

-3) comment peut-on survivre pendant des mois et parfois même des années dans un univers carcéral où tout est fait pour vous anéantir ?- 

-4) comment vit-on après avec de tels souvenirs accompagnés très souvent d’un sentiment de culpabilité d’avoir survécu ? 

-5) Ces hommes et ces femmes sont-ils des êtres exceptionnels ? 

-6) où ont-ils trouvé le courage et la force de refuser de se soumettre ? 

  

la réponse est peut-être dans la citation de : Christopher Reeve. 

« Un héros est une personne ordinaire qui trouve la force de supporter et de persévérer en dépit d’obstacles écrasants. » 

  

Je n’ai pas de réponses à toutes ces questions, alors si vous vous posez les mêmes que moi,  je vous livrerai de temps en temps, une histoire vécue, et ce sera à vous de dire e que vous en pensez. 

  

Moi je ne fais rien d’autre qu’un travail de mémoire.

L’histoire d’Helène Broda 

  

Ses parents ont fui lodz (Pologne) vers la France le « pays de rêves »où elle arrive à 2 ans en 1923. La famille s’installe à Nancy où nait Juliette. Lors de la débacle, la famille file vers le sud et s’installe à Limoges où Hélène termine ses études. Elle trouve ensuite un emploi de secrétaire dans une Cie d’assurances  et fait partie des réseaux locaux de la résuistance. 

Dénoncées comme juives mais non comme résistantes par un voisin que la famille fréquentait et qui a leur insu faisait partie de la milice, les deux soeurs sont arrêtées début 1944. Toutefois,grâce à une complicité, elles parviennent à prévenir leurs parents leur donnant ainsi une chance d’échapper de justesse à la gestapo. 

  

Drancy d’abord puis direction Birkenau (Auschwitz II) 

  

Les deux sœurs ont alors une devise : je vivrai pour elle et elle vivra pour moi. 

  

Transférées au camp de Begen-Belsen en Février 1945 elles tentent sans succès de s’évader.Déportées alors vers le ghetto de Théresienstadt, Helène devient secrétaire du représentant de la croix rouge tandis que sa sœur souffre du typhus. 

  

Libérées par les Russes en mai 1945 et après de multiples péripéties elles sont rapatriés à Lyon. Un mois plus tard elles retrouvent leurs parents qui restèrent cachés en Haute Vienne pendant toute la guerre. 

  

Juliette est décédée en 1992. 

  

« Elle aura eu 47 ans de rémission, elle a écarté le ressentiment du reste de sa vie, 

  

En vouloir à qui ?, à quels Allemands ? à quels Français ? 



journée mondiale de la déportation
25 avril, 2010, 7:41
Classé dans : journées mondiales

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Il s’appelle Marcel. Il a été désigné pour la sélection. Il  est dans la file de ceux qui vont mourir. 

  

Devant la porte de la chambre à gaz, un allemand bedonnant est là pour réfreiner tout mouvement de panique ou de rebellion. 

  

Au moment où il va pénétrer dans la pièce, Marcel est brusquement tiré par le bras et sorti de la file. 

  

Et puis la porte se referme sur le dernier condamné. 

  

« je te connais toi baragouine le SS dans un mauvais français » 

  

A force de poser des questions la vérité se fait jour. 

  

-Oui Marcel est de Lille, 

-Oui Marcel était boxeur amateur dans …. une autre vie. 

  

Et c’est à cela qu’il doit la chance d’avoir éviter de justesse  le cyclon B. 

  

Des semaines ont passé, dans sa baraque, il a sympathisé avec deux types qui rêvent d’évasion et petit à petit leur plan prend forme et Marcel sent bien qu’ils pourraient réussir alors il se joint à eux. 

  

Ils sont arrivés jusqu’à la forêt mais ils entendent les aboiements des chiens qui se rapprochent rapidement, trop rapidement. Des coups de feux éclatent, deux fugitifs sont abattus ;  Marcel,lui, est  ramené au camp et roué de coups. 

  

Le lendemain, tous les prisonniers sont réunis sur la place pour assister à la pendaison. 

Le Ch’ti se trouve déjà sur l’estrade, les mains liés dans le dos ; on lui passe la corde , pendant que l’adjudant, éclatant littéralement dans son  uniforme, vocifère et explique, dans une langue que lui seul comprend, les raisons du châtiment mérité. 

  

L’orchestre a fini de jouer et d’un geste théatral, l’adjudant à levé le bras : la trappe s’est ouverte et Marcel a disparu à la vue de ses compagnons d’infortune. 

  

Au début on ne comprend pas, mais on sait qu’il s’est passé quelque chose. Et puis, on aperçoit Marcel, allongé sur une civière : la corde a cassé et dans sa chute il a eu   la jambe brisée. 

  

Les lois de la guerre sont parfois bizarres : s’évader de ce camp équivaut à la peine de mort mais si on est blessé, on est d’abord soigné et lorsque l’on est guéri, on est alors de nouveau  exécuté. 

  

Dans ce qui sert d’infirmerie, Marcel est soigné et  gardé par des teutons qui se relaient.   Et un jour, il se retrouve nez à nez avec le fan des gants de boxe. 

Qu’a-t-il dit et à qui ? Qu’a-t-il fait ? Marcel n’en sait rien mais alors qu’il est maintenant capable de marcher, Fritz lui  apporte des habits ( il apprendra plus tard qu’il ont été pris sur un cadavre) et le fait sortir en lui conseillant de se faire tout petit et de se perdre dans la foule des autres prisonniers. 

  

Quand quelques jours après sa dernière aventure les américains libèreront le camp il  cherchera partout son sauveur  afin de lui renvoyer l’ascenseur mais il ne le retrouvera jamais.