Archive pour la catégorie 'jouer avec les mots – expressions'

expression :être en goguette

 

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« (Etre) en goguette  »

(Être) de bonne humeur, sous l’effet de libations un peu trop copieuses.
(Être) en partie fine.

‘Goguette’ est issu du mot ‘gogue’ (d’où vient également l’expression à gogo) qui, en ancien français, voulait dire ‘réjouissance’.

Le mot date du milieu du XVIe siècle. Mais un siècle avant, dans le même domaine, « faire goguettes », c’était « faire ripailles » ou « se régaler ». De ces excès au cours des fêtes, on disait aussi à la même époque « être dans ses goguettes » pour signifier « être de belle humeur ».

Voilà donc une expression dont le sens n’a pas vraiment varié au fil des siècles depuis son apparition.
‘Goguette’ est issu du mot ‘gogue’ (d’où vient également l’expression à gogo) qui, en ancien français, voulait dire ‘réjouissance’.

Extrait de Expressio

expression : homme de sac et de corde

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illustration : Vladimir Kush

« Homme (individu, gens) de sac et de corde  »

Personne peu recommandable, condamnable (au sens propre du terme), malfaiteur, truand.

Cette expression va chercher son origine dans l’Antiquité à Rome où, lorsque les voleurs et autres assassins condamnés n’étaient pas encore ou plus voués aux gémonies (chaque méthode d’élimination des truands a eu ses périodes, selon les goûts des empereurs), une joyeuse coutume consistait à les enfermer dans un sac, noué par une corde, avant de les jeter dans le Tibre pour qu’ils s’y noient.
Tout simplement ! Un peu comme le font certains pour se débarrasser d’une portée de chats ou de chiens.

Cette méthode fort sympathique a été utilisée longtemps après, à diverses époques et dans divers pays.
Ainsi, chez le sultan de Constantinople, les condamnés étaient noyés de cette manière dans le Bosphore. En France aussi, sous Charles VI, entre autres, avec noyade dans la Seine.

Avec cette expression et une autre acception du mot ‘sac’, on peut aussi faire le lien avec les brigands qui pillaient et saccagaient (hommes de sac) et qui, une fois pris, étaient condamnés à la pendaison (hommes de corde).

Extrait de Expressio

expression : Tirer à hue et à dia

 

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Tirer à hue et à dia

Aller dans des directions opposées.
Agir de manière contradictoire, de façon désordonnée.


‘hue’ (‘hurhaut’, autrefois) et ‘dia’ ont été des cris de charretiers pour exciter un cheval et le faire avancer, ou des cris de laboureur pour faire aller le cheval de trait à droite ou à gauche, respectivement.

Par extension, celui qui tire à hue et à dia (sous-entendu : simultanément) fait preuve d’un manque d’organisation certain ou est condamné à être écartelé.

Au XVIIe siècle, on utilisait l’expression « il n’entend ni à hue, ni à dia » pour dire de quelqu’un que « on ne saurait lui faire entendre raison ».

extrait de Expressio

Publié dans:jouer avec les mots - expressions |on 16 décembre, 2014 |Pas de commentaires »

expression : Cela va faire du bruit dans Landerneau

 

 

Cela va faire du bruit dans Landerneau

C’est une affaire qui va faire beaucoup de bruit.
C’est un petit fait qui va provoquer beaucoup de commérages.

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pourquoi Landerneau ?

Il se trouve qu’à la fin du XVIIIe siècle, un auteur nommé Alexandre Duval a écrit et fait jouer une pièce en un acte intitulée « Les Héritiers ».

Dans cette comédie, un officier de marine donné pour mort, réapparaît brutalement dans sa ville d’origine, Landerneau, au grand dam des héritiers déjà en train de se disputer la succession.

Un valet apprenant la nouvelle du retour de l’officier dit alors : « Oh le bon tour ! Je ne dirai rien, mais cela fera du bruit dans Landerneau ! »

Cette réplique a marqué son époque au point qu’elle nous a été transmise et, même, que Landerneau est presque devenu un nom commun puisqu’on parle maintenant du landerneau politique ou du landerneau de la montagne pour désigner des mondes particuliers ayant leurs propres manies, jargon et potins.

Extrait de Expressio

Publié dans:jouer avec les mots - expressions |on 8 décembre, 2014 |Pas de commentaires »

expression : être en panne

 

 

En panne

Arrêté dans une activité, un fonctionnement.
Interrompu faute de moyen.

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Ce sont encore une fois les gens de la marine à voile qui nous l’ont donnée, dès le XVIe siècle.

« Mettre en panne« , c’était disposer ou orienter la voilure de telle manière que le bateau n’avance plus.

Pour Furetière, c’était aussi faire pencher le bateau, lorsque celui-ci avait une voie d’eau d’un côté, à la fois pour limiter les entrées d’eau et pour mieux pouvoir colmater la brèche.

Quant à la « panne sèche », elle ne vient pas de la voiture qui n’avance plus pour cause de révervoir vide, mais encore de la marine où cette fois la panne s’obtenait en l’absence totale de voilure, en utilisant uniquement le gouvernail, par opposition à la panne avec voilure qui s’appelait la « panne courante » [1].

C’est depuis le début du XXe siècle que la panne s’utilise pour une voiture qui ne peut plus avancer suite à l’arrêt involontaire de son moteur.
Elle a ensuite été étendue à d’autres usages (« je suis en panne d’idées » pour le créatif ou bien « je suis en panne d’argent » pour celui qui a du mal à joindre les deux bouts).

Extrait de Expressio

Publié dans:jouer avec les mots - expressions |on 4 décembre, 2014 |Pas de commentaires »

expression : l’argent n’a pas d’odeur

 

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« L’argent n’a pas d’odeur  » L’argent malhonnêtement gagné ne trahit pas son origine.
Peu importe d’où provient l’argent, l’essentiel est d’en avoir.

Cette expression s’emploie en général pour un bien mal acquis dont on préfère oublier l’origine douteuse.

C’est de l’empereur Vespasien qui régna sur Rome de 69 à 79 après J.-C., qu’elle viendrait.

En effet, les caisses de l’empire étant vides, son contenu ayant été dilapidé par Néron , Vespasien institua nombre de taxes diverses afin de renflouer le trésor de l’Etat.

L’une d’entre elles marqua plus particulièrement les esprits, celle sur les urines destinées à être collectées pour servir aux teinturiers (elles servaient à dégraisser les peaux). Elle était payable tous les quatre ans par tous les chefs de famille, en fonction du nombre de personnes (et d’animaux) vivant sous leur toit.

Bien entendu, le peuple se moqua de cette taxe et Titus, le fils de Vespasien, lui en fit la remarque. L’empereur lui mit alors une pièce de monnaie sous le nez et lui dit : « ça ne sent rien » (« non olet »), sous-entendant ainsi que peu importait la provenance de l’argent tant qu’il remplissait les caisses.

Extrait de Expressio

Publié dans:jouer avec les mots - expressions |on 21 novembre, 2014 |Pas de commentaires »

expression : avoir pignon sur rue

 

 

 

 

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[ EXPRESSION ]
« Avoir pignon sur rue  »

[ SIGNIFICATION ]
Avoir une maison (ou un commerce) à soi.
Par extension : avoir une notoriété certaine (pour un commerce ou une entreprise).

[ ORIGINE ]
Du XVe au XVIIe siècle, la façade des maisons en ville, souvent étroites et construites en bois et torchis, comportait en haut un pignon, généralement triangulaire, destiné à supporter l’extrémité de la poutre principale (faîtière) de la charpente.
Avoir pignon sur rue, c’était donc posséder une maison ou un commerce en ville.

La façade sur la rue et son pignon étant les parties les plus visibles de la maison, les gens aisés ne se privaient pas de la décorer, en fonction de leurs moyens, pour afficher leur niveau de richesse.
Au XVIe siècle, le sens de l’expression a alors évolué pour désigner des gens qui possédaient des immeubles et des biens, ou des riches commerçants.

A partir de 1667 et pendant longtemps, les façades à pignon (et les charpentes associées) ont été interdites suite à l’incendie de Londres dans lequel les flammes s’étaient propagées de proche en proche via les charpentes.
Mais l’expression est restée et son sens a encore évolué pour désigner toute personne, entreprise ou commerce qui a une forte notoriété, avec une connotation d’honnêteté ou de solvabilité.

 

 

Publié dans:jouer avec les mots - expressions |on 18 novembre, 2014 |Pas de commentaires »

EXPRESSION : les carottes sont cuites

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« Les carottes sont cuites  »Tout est perdu. Il n’y a plus aucun espoir.

Remontons d’abord au XVIIe siècle.

A cette époque et encore longtemps après, la carotte est considérée comme un aliment pauvre. Mais, du fait d’une forme similaire et d’une prononciation très proche (paronymie), elle est aussi associée à la ‘crotte’. On disait d’ailleurs de quelqu’un de constipé qu’il « chiait des carottes », ce qui est excrêmement vulgaire.

Un peu plus tard, « ne vivre que de carottes », c’était « vivre très chichement ».

Cette valeur péjorative liée à la carotte est restée et, à la fin du XIXe siècle, « avoir ses carottes cuites », c’était « être mourant », mais sans qu’on sache exactement le pourquoi de cette association du bientôt mort avec ces légumes cuits (peut-être était-ce par allusion au fait que, dans les familles pauvres, les plats de viande -donc d’animal mort- étaient souvent accompagnés de carottes également cuites ?).

EXTRAIT DE EXPRESSIO

Publié dans:jouer avec les mots - expressions |on 16 novembre, 2014 |Pas de commentaires »

Expression : la boite à Pandore

 

 

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« La boîte de Pandore  » La source des ennuis. L’origine de malheurs, de catastrophes.

Les truands parlent de la boîte des pandores, autrement dit du « panier à salade », les pandores désignant les gendarmes.

Mais la ‘véritable’ boîte de Pandore nous vient de la Mythologie gréco-romaine.
Les deux frères Prométhée et Epiméthée, qui étaient des Titans, furent chargés par Zeus de créer les hommes, ce qu’ils firent. Mais Prométhée, ému par la nudité de ses créatures, vola le feu aux dieux, apprit aux hommes à s’en servir et s’installa parmi eux.

Zeus, plus que furax, jura de se venger de Prométhée. Il demanda alors à Héphaistos de créer une femme identique à une déesse (et qui deviendra donc la première femme), munie de tous les attributs qui vont bien avec, c’est-à-dire beauté et habileté, ce à quoi Hermès ajouta aussi d’autres traits de caractère habituels chez la femme, comme la ruse, la fourberie, la paresse, la méchanceté, la sottise, la parole enjôleuse et trompeuse, auxquelles il ajouta, pour faire bon poids, une curiosité sans bornes.

Pandore fut alors envoyée chez les deux Titans, munie d’un beau récipient (ou jarre ou boîte, selon les versions) offert par Zeus à destination de son futur époux et renfermant un paquet de maux parmi lesquelles on trouvait la vieillesse, la maladie, le chagrin, la folie, le vice ou la famine, tous inconnus des hommes . Ce récipient contenait également un petit bonus d’une autre catégorie, l’espérance.

Malgré les nombreuses réticences de Prométhée, Epiméthée se laissa subjuguer et épousa aussi sec Pandore qui, bien entendu, avait eu l’interdiction absolue d’ouvrir le récipient.
Mais à cause de son insatiable curiosité, elle profita un jour de l’absence d’Epiméthée pour ouvrir la boîte dont tous les maux s’échappèrent et se répandirent sur l’humanité.
Au fond de la boîte, il ne restait plus que l’espérance qui finit aussi par sortir, et heureusement, car sans elle l’Homme aurait eu bien du mal à supporter tout le reste.

Il existe quelques petites variantes de cette histoire « un peu » misogyne, mais on peut faire un parallèle certain avec Eve, la croqueuse de pommes, à cause de laquelle l’Homme a été chassé du Paradis et a dû apprendre à subir tout ce qui, dans notre histoire, s’est échappé de la boîte de Pandore.

extrait de Expressio

expression : être dans de beaux draps

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« Etre dans de beaudraps  » Être dans une très mauvaise situation. Être dans une position désagréable ou dangereuse.

Cette expression est ce qu’on appelle une antiphrase,comme quand on dit « nous voilà beaux » ou « nous voilà propres  » pour dire la même chose.

Il y a eu une petite évolution de cette expression et de son sens. Au XVIIIe siècle, elle se disait « être dans de beaux draps blancs » pour dire « être montré avec tous ses défauts » (ce qui n’est pas non plus une situation agréable, mais est moins fort que le sens actuel).

Depuis l’Antiquité jusqu’au Moyen Âge, les draps désignaient les vêtements.
Et si le blanc est bien pour nous un symbole de propreté, de pureté ou d’innocence, les habits blancs ont longtemps servi à vêtir les gens qui avaient commis certaines fautes.
Ainsi, celui qui avait commis le péché d’adultère devait, en pénitence, assister à la messe entièrement vêtu de blanc. Et puis rappelez-vous Jésus qu’Hérode a renvoyé devant Ponce Pilate après l’avoir habillé de blanc.

Autrement dit, les gens qui devaient se vêtir de blanc étaient en général dans une situation peu enviable.
Cet ancien usage du vêtement blanc et l’idée du linceul, sorte de drap blanc dans lequel on ne se trouve que si on est dans une très très fâcheuse situation, le tout mêlé à un brin d’ironie, peuvent expliquer à la fois l’usage du beau et la gravité de la situation qu’indique maintenant l’expression.

Extrait de Expressio

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