UN SOIR, JE ME SOUVIENS

 

 

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Je suis dans ma petite chambre, je n’ai parlé à personne depuis deux jours, je suis triste, je pleure.
En bas dans ma rue, il y a un cinéma et déjà beaucoup de gens font la queue pour prendre leur billet. Ils sont venus en couple, entre amis, ils parlent et rient.
Leur bonheur me fait mal, si mal, faisant ressortir ma solitude que je ne supporte plus.
Alors, sans que je comprenne bien pourquoi, un dialogue s’instaure entre moi et……

- Pourquoi suis-je si seule ?
- Parce que c’est ton destin
- Et à quoi cela me sert de tant souffrir ?
- A réfléchir
- Mais s’il en est ainsi pourquoi suis-je faite comme les autres avec un cœur qui bat, qui aime et qui pleure ?
- Parce que si tu ne savais pas ce que c’est qu’aimer et souffrir, tu ne pourrais pas comprendre les autres et les aider.
- Je ne vois pas comment je pourrais aider les autres en étant si malheureuse ?
- Pour l’instant tu apprends à accepter ton destin et quand cela sera fait, tu pourras alors regarder les autres, sonder leur âme et trouver les bonnes paroles à prononcer pour les aider.
- Et tout cela va prendre combien de temps ?
- Cela dépend de toi, uniquement de toi.

Le dialogue s’est arrêté là, la voix est partie et je suis restée seule avec ma souffrance refusant ce que je venais d’entendre.

Très longtemps, j’ai oublié cette conversation, reprise par la vie de tous les jours, j’ai de nouveau aimé, j’ai de nouveau pleuré et c’est dans ces moments là qu’elle remontait dans mes souvenirs comme pour se rappeler à moi.

Les années ont passé, un jour, j’avais 50 ans, j’ai compris que pour me protéger, puisque là était ma faiblesse, je devais cesser de chercher après quelque chose ou quelqu’un que je ne trouverais jamais. J’ai cessé de sortir, je me suis mise à vivre avec ma solitude qui ,au fil des semaines, devenait une amie.

Débarrassée d’un problème qui me retenait prisonnière, je me suis mise à respirer, j’ai commencé à voir réellement tout ce qui m’entourait, à comprendre que maintenant que j’étais libre, j’allais enfin pouvoir commencer à vivre selon le destin qui était prévu pour moi.

Trente quatre ans ont passé depuis, et je comprends maintenant que ce qui m’avait été dit un jour de novembre 1981 s’était enfin réalisé et que le temps pour parvenir à ce changement n’a pas une grande importance, l’essentiel étant d’y arriver un jour.

Yaël

Publié dans : mes écrits et ceux des autres |le 3 août, 2015 |Pas de Commentaires »

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