une étoile au fond du coeur-6ème partie

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Tout cela, c’est bien compliqué et puis ses amies ne lui ont-elles pas dit  que l’essentiel était de rester ce qu’elle est c’est-à-dire leur amie. Au fond c’est vrai, personne n’est responsable de sa couleur de peau et de sa nationalité, par contre chacun l’est de ses pensées et de ses actes alors cela changerait quoi qu’elle reçoive un jour un bout de papier indiquant qu’elle est juive puisque son cœur et son âme le sont déjà. 

Les années vont passer, la société dans laquelle elle travaille fait faillite (pas à cause d’elle) ; elle quitte Arlette. Elles se promettent de se voir mais vous savez ce que c’est, rechercher du boulot, changer d’appartement, on se téléphone souvent, puis un peu moins, puis plus du tout pace qu’on a rencontré d’autres gens…. Parce que la roue tourne. 

Elle a 23 ans et habite rue de Reuilly dans le 12ème arrondissement. Ses voisins sont juifs, une famille rapatriée d’Algérie : le mari coiffeur, la femme, mère de famille plus beaucoup de frères, sœurs, et parents qui se réunissent tous les vendredis et bien sûr, on invite la voisine. 

Comme elle est belle cette grande nappe blanche !Comme elle est émouvante cette cérémonie d’allumage des bougies du vendredi soir et puis ces repas, pris en famille, où tout le monde parle en même temps, où chacun semble heureux d’être là et où les enfants sont rois. C’est bien quand même d’être juif ! 
                                   
Oui, elle a des amoureux. Après un mariage qui n’a duré que quinze mois, car se marier pour fuir les parents n’a jamais été une bonne raison pour sceller une union, surtout quand on a 17 ans ½ et qu’on a encore la moitié  du corps dans l’enfance, prisonnier de rêves merveilleux. 

Elle a eu des aventures et là encore, elle a tout confondu. Ce qu’elle cherchait, c’était la tendesse qu’elle n’avait jamais eue, les caresses dont elle était sevrée depuis sa naissance, que deux bras se referment sur elle, qu’on lui murmure « je t’aime » et on aurait fait d’elle la plus heureuse des femmes qui se serait donnée et dévouée pour l’homme qui aurait su la comprendre, mais comment pouvait-on la comprendre puisqu’elle même ne comprenait pas ce dont elle avait besoin ? alors, elle passait de bras en bras, heureuse un instant, malheureuse comme la pierre quelques temps après puis espérait dans le prochain, puis dans le suivant. 

Elle est enceinte. Elle sait qui est le père car si elle a eu beaucoup d’amants, elle n’en a jamais eu qu’un seul à la fois. 
Pendant un an, elle est sortie avec un collègue de bureau. La relation, agréable au début, s’est transformée en une liaison monotone qui n’apporte guère de satisfaction ni à l’un, ni à l’autre ; elle propose à son ami de se séparer, sans cris, sans haine, pour pouvoir rester par la suite de bons amis et il accepte. Elle est enceinte de deux mois mais n’en sait rien. 

Quand elle prend conscience de son état elle a presque terminé son troisième mois ; son voisin est un avorteur professionnel mais elle ne pense pas une seconde à s’adresser à lui.  

 

Cet enfant qu’elle a fait sans le vouloir, pourquoi ne le garderait-elle pas ? son compagnon était un garçon bien, correct et sain et puis elle a tant d’amour à donner que son petit sera sa raison de vivre ; elle l’aimera tant, lui fera au centuple les calins qu’elle n’a jamais reçus, elle lui parlera, l’écoutera, elle sera sa mère mais aussi et surtout son amie. 
                                    
Les voisins bien sûr ont été mis au courant ; personne n’a rien dit de désobligeant, au contraire, on dirait que le groupe s’est  resserré sur elle pour l’entourer, la protéger, alors, quand le bébé est sur le point de naitre, elle demande à sa presque famille de faire de l’enfant un ou une juive, si elle ne le peut pas, qu’au moins lui ou elle le soit. 

Pourquoi les voisins n’ont-ils pas expliqué que si la mère n’est pas juive, les enfants ne peuvent pas l’être non plus ? elle n’en sait rien mais lorsque le petit garçon aura fait son entrée dans le monde, ils organiseront de « A » jusqu’à « Z » la cérémonie. La circoncision sera pratiquée, comme il se doit, à la maison, le voisin sera le parrain et l’enfant recevra le merveilleux prénom de David.

Publié dans : ma vie, mes écrits et ceux des autres |le 4 janvier, 2010 |Pas de Commentaires »

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