Archive pour janvier, 2010

quelques nouvelles -

aaaaetoile.jpgPendant longtemps j’ai écrit chaque jour sur mon blog. Il s’agissait pour moi de passer une de mes autobiographies.

Ce que je ne savais pas, c’est qu’ayant  participé à un concours, mon livre n’a pas été retenu parmi les 10 meilleurs mais pourtant un éditeur m’a contactée, intéressé par mes écrits.

Je viens de signer un contrat avec lui et dans quelque temps, mon livre qui s’intitule « UNE ETOILE AU FOND DU COEUR » sera publié chez Publibook – et sera également présent à la FNAC.

Que raconte ce livre ? ma vie, d’enfant, de femme, de mère, d’amante, mais plus que cela, il raconte un parcours qui pourrait répondre à la question que beaucoup se posent : notre destin nous est-il imposé ou bien, avons-nous une quelconque action sur lui.

Ma réponse est simple : les grandes lignes de notre destin sont fixées d’avance mais si nous ne faisons rien pour le vivre, nous passerons à côté.

Mon destin à moi c’était de naître, française, catholique,isssue d’une famille de gens simples et laborieux et qui ne m’ont pas aimée comme j’aurais voulu l’être, mais c’est peut-être grâce à cela, que, cherchant autre chose, j’ai trouvé mon chemin.

Celui-ci m’a conduite en Israël où je vis depuis 29 ans.IL m’a fallu 20 ans pour comprendre que je devais tout quitter pour renaitre et vivre la vie pour laquelle j’étais venue sur terre.

Je souhaite à chacun de trouver le chemin qui est le sien car ce que l’on ressent alors n’est comparable en rien à ce qui se passe en nous lorsqu nous traversons les années ne sachant pas où cela nous conduit.

 Yaël Avraham

Publié dans:ma vie |on 31 janvier, 2010 |2 Commentaires »

la passagère du dernier train-6ème partie

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Octobre 1998, j’ai 60 ans, je suis retraitée, la dernière ligne de ma vie vient de commencer, je ne sais pas bien sûr combien de temps elle va durer et je ne peux pas dire si je veux qu’elle soit longue ou courte, la seule chose que j’espère c’est que mes 9 chats partent avant moi pour le reste je m’en remets à D-ieu ou au destin.Mais je constate une chose, Quand l’avenir n’est plus mesurable, le passé prend des dimensions très importantes, chaque petit détail et revu et corrigé, on passe en revue les bons moments et les moins bons comme autant d’expériences vécues,on se demande ce qu’il reste d’important à faire. 

  

Et internet va entrer dans ma vie. Là encore il s’agit d’une décision que j’ai prise alors qu’un mois au paravant, j’ignorais tout de la toile. Je ne comprends pas comment cette idée m’est venue, elle aussi m’a-t-elle été inspirée par……c’était en 2008, en Mars, que j’ai fait mes premiers pas sur le web et depuis c’est devenue ma principale occupation. J’ai eu beaucoup de chance de vivre à cette époque et de m’adapter à des moyens si modernes.   

  

  

Beaucoup de gens on peur de la mort et ils commettent l’erreur de refuser d’en parler, ils en font un sujet tabou et lorsque leur heure est arrivée, ils s’accorchent de toutes les forces qui leur restent, à ce petit souffle de vie. 

Ils oublient que cette vie qui est entrain de s’en aller est celle qu’ils critiquaient souvent, se plaignant de tout. Moi, je veux la voir venir, je veux la sentir s’approcher pour me prendre, je veux pouvoir faire un dernier examen de conscience, je veux être maitre de ma vie jusqu’au dernier moment ; je voudrais aussi savoir si comme beaucoup , j’aurai la chance de voir ce tunnel par lequel on passe pour arriver dans le lieu qui nous attend, je veux savoir si tout ce que j’ai pensé concernant l’autre monde s’apparente plus ou moins avec ce qu’il y a de l’autre côté. Et enfin que voudrais savoir si ce D-ieu dans lequel j’ai tant crû existe et aussi ce qu’il pense de moi, de ma vie, de ce que j’en ai fait.Y- a- t-il une autre vie après la mort ? et si oui est elle comme je l’ai imaginée, revient-on sur terre pour une nouvelle expérience ou part-on dans des mondes supérieurs lorsque la vie que l’on a menée sur terre à été conforme à ce que l’on attendait de nous. ? 

  

On m’a posé la question suivante :….. mais la femme que tu es aujourd’hui est -elle en accord avec elle-même ? As tu trouvé cette paix intérieure que tu as si longtemps cherchée ? 

  

La réponse est OUI, cent fois oui, mille fois oui. Malgré les erreurs que j’ai commises, je ne regrette rien car ma vie a été conforme à mes idées, j’ai toujours suivi ce qui me paraissait juste, et plus que tout, j’ai toujours agi en mon âme et conscience.Je peux partir tranquille et seul, Celui devant lequel je me présenterai aura le droit de me juger. Je m’en remets entièrement à Lui. 

  

Quant au peuple avec lequel j’ai choisi de vivre, je l’aime avec ses qualités et ses défauts, il n’est ni mieux ni moins bien qu’un autre, mais il est différent car D-ieu l’a choisit pour être son message auprès des autres peuples et au moment du jugement dernier, D-ieu jugera les autres peuples en fonction de leur conduite envers «  le peuple élu » 

  

  

                                                    F I N 

  

  

Publié dans:ma vie |on 20 janvier, 2010 |2 Commentaires »

la passagère du dernier train-5ème partie

img124.jpg5ème épisode 

  

Lorsque Stéphen décède, j’ai 55 ans. Au point de vue travail, les choses ont changé car les services de l’immigration et du travail ont accepté que des femmes venues des Phillipines viennent s’occuper, 24 heures sur 24 de personnes agées, à des prix défiant toute concurrence, donc le travail est plus dur à trouver. Heureusement pour moi, les services de main d’œuvre sont compréhensifs et savent qu’à mon âge, mon métier est de plus en plus difficile à faire car souvent il faut s’occuper de grabataires et donc avoir un bon dos et de la force. Je vais  obtenir, et ce, jusqu’à ma retraite, une somme mensuelle modeste certes, mais qui m’aidera à tenir le coup jusqu’à mes 60 ans et me permettra malgré tout de travailler sans toutefois avoir le droit de dépasser une certaine somme mensuelle, salaire et aide confondus. 

  

Une société genre « manpower » s’installe à coté de chez moi et je vais travailler toujours comme aide-soignante mais seulement 3 ou 4 heures par jour et à côté de mon domicile. J’ai très peu pour vivre mais comme j’ai toujours su me contenter de ce que j’avais et que mes goûts sont modestes, je vais tenir le coup sans trop de problèmes. 

  

Deux choses vont changer ma vie : la première c’est que je vais me mettre à étudier l’astrologie par correspondance ; des études formidables qui vont me plaire infiniment. Parallèlement, je vais découvrir que dans mon quartier, beaucoup de chats abandonnés errent, malades, maigres, malheureux, or j’ai toujours aimé les bêtes et petit à petit, je vais d’abord les nourrir, mais aussi les soigner. Des vétérinaires  vont m’apprendre les rudiments à connaître pour soigner les maladies les plus faciles : diarrhées, infection des yeux, des oreilles, champignons etc…et comme j’ai toujours aimé la médecine, je vais comprendre très vite comment faire et les résultats seront très encourageants. 

  

Mais bien sûr cela ne plait pas à tout le monde ; il y a ceux qui s’arrêtent et me sourient, ceux qui s’arrêtent et me demandent si je n’ai pas quelque chose de plus intéressant à faire, ceux qui ne comprennent pas comment je peux dépenser mon argent à des « choses » si peu importantes alors que des enfants meurent de faim à travers le monde, et quand je demande à ces mêmes gens  à quels organismes ils cotisent, ils partent sans répondre et enfin les derniers, les plus virulents qui vont jusqu’à lever la main sur moi, je les regarde bien en face, qui va céder ? eux, car ils baissent le bras. 

  

Des années plus tard, d’autres gens on pris le relais, les « pas d’accord » sont soit morts, soit ont fini par accepter ce qui est inévitable, presque tous les chats ont été stérilisés, et donc à de rares exceptions près, il n’y a plus, ni aveugles, ni malades, ni malheureux. 

  

Dans mon immeuble, il y a de l’eau dans le gaz entre les propriétaires et moi ; la propriétaire surtout ne peut plus me sentir car je ne me plie pas aux règles qu’elle et son mari ont instituées depuis des lustres et qui consiste à descendre chez eux pour un rien et de papoter sur tout et sur rien mais surtout sur les autres locataires, au lieu de cela, je leur remets chaque mois le chèque de mon loyer dans leur boite aux lettres et en dehors du bonjour obligatoire quand je les croise, je ne leur parle pas. De plus ils ne peuvent pas me  jetter dehors car j’ai un contrat à vie dans cet appartement, contrat qui existe ici et que j’ai obtenu alors que j’étais nouvelle immigrante.Donc la gueguerre a commencé, on bave sur mon compte, si on le peut, on me vole mon courrier, on dépose des crottes de chats et chiens devant ma porte et pour cela on se sert d’un voisin qui obéit comme un petit chien à ses nouveaux maitres de peur d’être jeté dehors car lui ne bénéficie pas du même contrat que moi. Comme d’habitude, je ne dis rien, je nettoie,j’achète une bombe de gaz lacrymogène que je porte suspendue autour du cou et bien visible, dans le cas ou…..et j’attends. 

  

Un jour le propriétaire meurt d’une crise cardiaque ; sa femme qui ne s’est pas calmée pour autant, continue ses manigances jusqu’au jour où après avoir fait quelques travaux dans l’immeuble, elle demande à chaque locataire sa participation aux frais. Je demande copie de la facture, je ne la recevrai jamais, car il s’agit d’un travail fait au noir ce qui n’a pas empêché la méchante femme de prétendre avoir payé des sommes bien plus importantes que celle indiquée et comme par ailleurs j’ai quand même donné un acompte dont j’ai fixé moi-même le montant car des travaux ont bien été effectués, on ne peut pas m’accuser de ne pas payer. Peu après, la proprio est hospitalisée. Elle décèdera peu après. Ses enfants ont repris la gérance de l’immeuble, ils ne m’ont jamais rien demandé, nous entretenons de bons rapports, je paie ce que je dois. Encore un problème qui a trouvé sa solution avec l’aide de ….. 

  

Un jour, j’ai mis fin à mes sorties nocturnes j’ai quitté la scène en pleine gloire et avant de recevoir des tomates pourries. Mes amis et connaissances n’ont rien compris à ma décision car je n’ai rien expliqué non plus, mais j’ai tenu le coup et petit à petit, les coups de fil ont cessé et j’ai  eu la tranquilité que je recherchais. J’approche de la soixantaine, je vais enfin pouvoir m’arrêter de travailler, mes connaissances me disent que je vais drolement m’ennuyer quand je n‘aurai plus d’occupations, mais moi je sais que ce n’est pas vrai. Ce que je retiens de ces presque 20 ans auprès des personnes agées, c’est que je ne veux pas devenir comme elles. Le vieillissement physique est inévitable et il ne faut pas lutter contre et  l’accepter tout simplement, mais les doléances tendant à se plaindre sans cesse pour des broutilles, à critiquer tout et rien, ce n’est pas pour moi. Je veux faire, des années qui me restent à vivre, des moments agréables, je veux continuer à m’intéresser à tout, je veux entretenir mes neurones, je veux…. Je veux…. Oui je veux encore tellement de choses. 

  

Publié dans:ma vie |on 19 janvier, 2010 |Pas de commentaires »

la passagèe du dernier train-4ème partie

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Les mois qui vont suivre vont être très bizarres car je n’ai plus au dessus de la tête cette chape de plomb que je ne sentais pas certes, mais maintenant qu’elle a disparu, je fais la différence, alors un instant décontenancée, je vais me contenter de vivre ma petite vie de tous les jours et commencer à…. m’ennuyer. Et c’est là que tout va basculer, je ne vais pas m’en rendre compte mais c’est à ce moment que je vais donner à ma vie un tournant qu’elle n’aurait jamais dû prendre. 

  

On le sait maintenant je crois au destin, à celui auquel on participe, celui que l’on construit parfois un peu en aveugle mais malgré tout guidé par….. 

  

J’ai rencontré « Iori » dans mon travail ; nous nous relayons au chevet d’un grand malade. Iori est Yéménite, pleine de vie, très charismatique,se sentant bien partout et elle va me faire découvrir le « tel-Aviv by night »Avec elle, je vais aller danser dans des boites pour célibataires des deux sexes sur une musique des années 60, celle que j’adore et là, un boulevard s’ouvre devant moi, des rencontres à la pelle, des aventures à la louche autant de choses que je n’ai jamais vécues à ce point. J’ai 45 ans, je perçois confusément que le temps de plaire va bientôt se terminer pour moi et si j’ai encore un peu de succès, je dois en profiter pour me tricoter des souvenirs pour mes vieux jours. 

  

Cette vie que malgré tout je ne regrette pas, va durer quelques années. Je vais rencontrer des hommes  mariés mais qui se disent célibataires, des types un peu largués et qui cherchent sans le dire, une bobonne pour laver leur linge et les nourrir, d’autres pas très recommandables, mais qui heureusement ne feront que passer dans ma vie. Le seul problème c’est que ce genre de vie, incompatible et avec ma conversion, et contraire à ce dont mon âme a besoin, va m’éloigner de mon véritable chemin, je ne rencontrerai pas les gens qui auraient pu me conduire vers une autre sorte de vie et quand je m’en rendrai compte, il sera trop tard. Tout ce qui va suivre ne sera pas ce que j’aurai dû vivre ; j’espère un instant que la chance que j’ai laissé passer va repasser mais je le sais maintenant, 20 ans après il n’en sera rien. 

  

Même si je suis consternée de constater que j’ai fait une grosse bétise, la vie ne s’arrête pas pour autant ; de plus j’ai appris que lorsque l’on fait une erreur, il est inutile de se sentir coupable le reste du temps ; les erreurs sont là pour en comprendre le sens et à partir du moment où on ne les recommence pas deux fois, la leçon a été utile. 

  

Maintenant que je peux travailler au grand jour, je continue à m’occuper de personnes agées mais là, officiellement. Je suis inscrite sur la liste des aides-soignantes du plus grand hopital de Tel-Aviv et je ne manque jamais de travail. C’est ainsi que je vais oeuvrer plus de 4 ans dans une famille composée du vieillard « Stéphen » et de sa fille « shoshana » qui elle, travaille comme secrétaire dans ledit hopital et dans le service gériatrique et a donc accès à la liste des meilleures postulantes. 

  

Ces quatre ans ½ seront très dures à vivre car hormis les premiers mois destinés à faire connaissance, je me rendrai compte que je suis tombée dans une famille de parvenus, imbus de leur statut social, méprisant pour tout ce qui ne leur ressemble pas. Stéphen, 90 ans, d’origine tchékoslovaque, docteur de son état, passe son temps à raconter son passé dans lequel il a, bien entendu, un rôle primordial, faisant de tout son entourage des subalternes bien dressés et il attend de moi,que je m’incline et réponde à ses moindres désirs, mais lorsque, lors d’une douche, il croit avoir le droit de s’approcher un peu trop de moi avec un regard lubrique et que je refuse ses avances dont j’aurais dû, selon ses dires, être très fière, les choses vont se compliquer car maintenant il a peur de ma réaction vis à vis de sa fille, vais-je lui parler ? et si oui comment vais-je raconter ? dois-il parler le premier de façon à raconter l’histoire à son avantage ? 

  

Je ne sais pas ce qu’il a fait, ni ce qu’il a dit, et comment, mais sa fille va me prendre en grippe et pour un rien me rabaisser autant qu‘elle le pourra faisant de moi parfois sa bonne à tout faire.Alors je vais retrouver peu à peu le caractère que j’avais en Afrique et en France, je vais moi aussi me battre à ma manière, d’abord par le silence, ensuite par le refus non exprimé de faire les tâches qui, d’après moi, ne m’incombent pas. La tension monte chaque jour d’un cran et un jour le drame éclate ; Stéphen me fait savoir par des mots blessants dont il a le secret que je ne vaux rien, que je ne sais rien, que je ne suis rien et que des gens de mon espèce n’ont que deux droits : celui d’exécuter les ordres et de dire merci. 

  

Le choc a été rude mais grace à lui, de retour à la maison, j’écrirai un livre, «  l’Entonnoir » livre dans lequel je parle du mépris des petits blancs pour les africains lors de mon séjour en Côte d’Ivoire, mépris qui ressemble fortement à celui dont je viens de faire les frais. Quant à la suite, elle  est simple. J’ai arrêté de parler à mon malade me contentant de faire mon travail, lui, a essayé de s’expliquer, de se justifier en vain, je suis un mur et si cela ne plait pas, il faut que l’on me renvoit mais comme cela coûte très cher et qu’il faudra trouver une raison autre que la véritable, on va me supporter encore quelques temps, Stéphen va tomber malade , il est hospitalisé et vit ces derniers instants. Je suis là près de lui, je sens qu’il veut partir mais aussi que quelque chose le retient parmi nous, et tout à coup je réalise que sa kippa ( petit chapeau rond des gens croyants ) est dans le tiroir de la table de nuit ; je la sors, je la lui pose délicatement sur le crane, il prend une grande inspiration et le regard dans le vide, nous quitte pour toujours. 

  

Pendant mon séjour dans cette délicieuse famille, la guerre du golf a éclaté. Nous sommes en 1990, j’ai 52 ans, j’habite A tel-aviv un deux pièces bien grandes et un superbe balcon de 6 mètrs de long. L’immeuble s’est vidé de ses locataires le temps du conflit car ceux-ci sont aller vivre dans leur famille située dans des villes plus calmes, je suis donc seule le jour où des éclats de missile s’écrasent à 1mètre 50 de mon immeuble ravageant tout sur leur passage, coupant l’électricité, mettant le feu aux voitures en stationnement. Un instant l’immeuble à tremblé sur ses fondations, j’ai attendu qu’il s’écroule, un grand silence s’est installé jsuqu’au moment ou des bruits et des cris ont été perçus dans les escaliers ; les pompiers, la police, la télévision grimpent quatre à quatre les étages à la recherche de morts ou blessés, j’ouvre ma porte. On veut me faire sortir mais je refuse car j’ai des bêtes avec moi, 6 chats et 2 chiennes et il n’est pas question que je les laisse seules.  Les pompiers constatent qu’il n’y a pas de danger car la fumée émanant des véhicules qui brulent n’arriveront pas jusqu’à chez moi puisque j’habite à l’arrière de l’immeuble. Un micro à la main, une caméra sur l’épaule, les gens de la télé m’interroge, je raconte, bien peu de chose en vérité car c’est le 19ème missile qui s’abat sur la ville et c’est toujours la même histoire. Il n’empêche que quelques jours après , je serai invitée à participer à une émission de télé ; j’aurai mon petit instant de gloire, plus tard je recevrai des lettres de téléspectateurs ; l’un me demande en mariage (il paraît que je ressemble comme deux gouttes d’eau a une ex-amie qu’il a beaucoup aimée) et moi, j’apprécierai toujours la délicatesse des israëliens qui, croyant faire un compliment, se ridiculisent sans s’en rendre compte, une autre lettre me proposant de m’occuper d’une vieille mère bien gentille, et aussi on veut bien mettre à ma disposition une chambre puisque l’on a compris, ce qui est faux, que je n’ai plus de maison. Et puis le rideau retombe, la guerre se termine, chacun retourne à ses petites mesquineries quotidiennes. 

Publié dans:ma vie |on 18 janvier, 2010 |Pas de commentaires »

la passagère du dernier train-3ème partie

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De rencontre en rencontre, j’ai fait la connaissance de Geneviève, une française plus agée que moi qui travaille dans une société dont le trésorier est un rabbin francophone, ministre des prisons. 

  

Geneviève à été très émue par mon histoire et encore plus par ma démarche et elle a parlé de moi autour d’elle, alors, lorsque je décide de me convertir, c’est tout naturellement  qu’elle me présente au ministre qui va m’aider à trouver le chemin de la conversion chose qui n’est pas facile car le rabinat est, avec raison, contre les conversions et met plein d’embuches sur le chemin de ceux qui veulent devenir juifs, ceci pour éprouver la solidité de leur désir, car chez les religieux, une conversion pour obtenir la nationalité qui permet de travailler est une très mauvaise raison et pour épouser un ou une juive est encore pire.

  

Il faut comprendre qu’être juif n’est pas facile, cela comprend une infinité de règles, 613 commandements,applicables chaque jour et qui concerne, la vie sous tous ses angles, la vie familiale, la nourriture, les fêtes que l’on se doit de connaître à fond pour en respecter toutes les règles et les commandements qui s’y appliquent. Alors si les juifs eux mêmes, nés dans un milieu religieux et ayant baigné depuis l’enfance dans tous ces rites, s’en détachent, recherchant une vie plus facile et plus agréable selon eux, un converti ne tiendra pas le coup et abandonnera très vite les promesses que pourtant il a faites ; ayant épousé un ou une juive, ce ou cette dernière sera elle aussi perdue pour la communauté or, on dit ici que « lorsqu’un juif quitte la communauté, c’est toute la communauté qui est en deuil » Ce qui explique que les Rabbins, ne cautionnent pas les conversions et font tout pour en dégouter celui qui en fait la demande. 

  

D’ailleurs cette aide que je reçois va, au début, me nuire car on me fait savoir que je suis acceptée aux cours uniquement parce que l’on m’a imposée, mais ceux-ci  terminés, je devrai me débrouiller pour continuer seule les démarches à faire alors que pour les autres élèves, tout se fait jusqu’au bout dans cet établissement.Comme je ne comprends pas bien la portée de telles paroles, je ne m’alarme pas et  débutent alors des cours qui vont durer 7 mois à raison de 2 h par jour, le soir, 5 jours par semaine et là, un sérieux problème va se poser : mes connaissances en hébreu sont suffisantes pour le parler de tous les jours mais insuffisantes pour les règles religieuses car comportant un vocabulaire qui m’est inconnu. Or prendre par écrit, deux heures de cours par jour dans une langue dont on ne comprend pas la plupart des mots,devoir retranscrire ce que l’on ne comprend pas avec des signes qu’on ne dessinent que très lentement, rend impossible ou presque la révision du cours sur lequel on ne revient pas le lendemain car il y a beaucoup de choses à apprendre et peu de temps pour le faire. 

  

Je cherche donc une famille juive religieuse francophone qui accepterait de m’apprendre en français ce que je n’ai pas compris en hébreu et… je la trouve, mieux encore, celle famille habite en face de l’école religieuse ; je suis sauvée mais un petit miracle va se produire me prouvant là encore que je suis sur le chemin qui est le mien. 

  

Régine a un jour un problème et ne peut me recevoir le soir même pour ma révision de cours, alors elle traverse la rue et sonne à la porte de l’école. C’est mon maitre qui lui ouvre et il va donc apprendre, et les problèmes que je rencontre dans l’apprentissage des cours et les efforts que je fais pour réussir et quand en plus on lui dit que je m’occupe d’une femme mourante et ce 24 heures sur 24 sauf les quelques heures de cours durant lesquels on me remplace, il fait part de sa découverte à la direction qui me convoque aussitôt ; le directeur, un homme que je n’avais pas trouvé très sympathique au début,m’annonce que devant ma bonne volonté et mon sérieux dans les études, je serai comme les autres élèves et irai jusquà la conversion complète dans cette même école.Comme d’habitude, une aide qui arrive sans prévenir, comme tombée du ciel …… 

  

Le Rabbin qui nous fait la classe est un homme que je n’oublierai jamais. Il est arrivé en Israël il y a quelques années, venant d’Amérique et dès qu’on le voit on sent que cet homme est plein d’amour envers le monde tout entier.Il fait ses 

cours avec amour, nous apprend les prières avec amour nous parle de sa famille avec amour ; alors dans de telles conditions, plus rien n’est difficile à comprendre et à assimiler. 

  

Les cours sont finis, l’examen a été passé et réussi, reste à faire « cachériser la maison » c’est à dire que des religieux viennent la nettoyer pour la rendre pure ; puis le « mikvé » le bain sacré qui se passera à Nazareth. Trois rabbins nous reçoivent, chacun à notre tour, pour un examen succint celui là , mais dont nos réponses prouvent que nous avons bien appris ce qui nous sera nécessaire pour mener une vie religieuse selon les règles. Ensuite, nous nous trempons dans un bain, une prière est faite par un des trois rabbins et c’est fini, me voilà devenue juive pour le pire et le meilleur.Cela non plus je ne l’oublierai jamais car la cérémonie était très émouvante et je le sens, je viens de donner une identité à mon âme, je resterai celle que j’ai toujours été mais à l’intérieur de moi-même un bien-être immense s’est installé et y restera jusqu’à mon dernier souffle. 

  

Au ministère de l’intérieur, je vais chercher ma nouvelle carte d’identité. Je n’ai changé que mon prénom « Yaël » contre « Jeannine » et j’ai gardé mon nom de famille « Avranche » mais lorsque mon père m’enverra une lettre dans laquelle il me demande comment j’ai pu faire entrer dans une famille aussi française  que la nôtre un prénom aussi juif, je retournerai au ministère pour faire changer également mon nom de famille qui deviendra « Avraham » ainsi les choses sont bien claires : les juifs avec les juifs, les goys avec les goys. Mon père n’en saura jamais rien car déjà malade, je n’ai pas l’intention de faire son éducation et comme il mourra peu après, les choses en resteront là. Pour m’avertir de son décès, je recevrai un télégramme très laconique « père décédé » non signé ; décidément on ne m’aime pas beaucoup dans mon ancienne famille. 

Publié dans:ma vie |on 17 janvier, 2010 |Pas de commentaires »

la passagèe du dernier train-2eme partie

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En France, un rabbin à qui j’avais confié mon désir de devenir juive m’avait répondu très gentiment que D-ieu ne commettant jamais d’erreur, si j’étais née chrétienne, je devais le rester.Mais vingt ans après, forte de toutes les découvertes que j’ai faites sur ce peuple et son histoire, je suis venue ici pour demander pardon au nom des gens de ma race, de ce qui a été perpétré contre lui,pour vivre avec ceux qui ont été haïs et non avec les bourreaux. 

  

Au début, je ne comprends pas bien ce que l’on me dit car je ne maitrise pas cette langue que je vais apprendre à lire, écrire et aimer mais cela n’a pas d’importance car les problèmes que je rencontre ont été vécu par tous ceux qui sont arrivés avant moi, alors à coup de mimiques, de gestes, on s’explique, et ça marche. Ici, la plupart des gens viennent d’ailleurs, de tous les coins du monde et on amené avec eux, leur langue, leur culture,leurs souvenirs, c’est un patchwork inimaginable. A cela s’ajoute la façon de vivre et de penser : il y a les religieux, les laïcs, les athées, les politiquement corrects, ceux de gauche,  de droite,les grincheux, les  universitaires et les illétrés, les séfarades et les ashkénazes, les bronzés, et les blonds aux yeux bleus, les bons et les mauvais, les riches et les pauvres, les honnêtes et ceux qui le sont moins ou pas du tout. 

  

Ici, on fait des gestes, on parle fort, on bouscule, on ne respecte pas la priorité dans les autobus, on y fume même et il faudra des mois pour que les voyageurs les plus récalcitrants, acceptent d’éteindre leur cigarette avant d’y monter. 

  

La discipline n’existe que dans l’armée, mais dans le civil c’est un peu la foire où chacun joue des coudes pour se faire entendre et s’affirmer. Mais malgré tout, cela est fait dans la bonne humeur et les coups de gueule ne durent jamais bien longtemps car si la susceptibilité  est à fleur de peau, le fond dans l’ensemble est bon. 

  

Mon premier souci est de parler l’hébreu, seul moyen pour pénétrer cette société qui semble m’attendre. L’oulpan dans lequel je fais mes premières armes est un modèle du genre, avec des enseignantes de métier et qui savent d’expérience les problèmes que rencontrent tous les nouveaux immigrants, problèmes qui ne sont pas les mêmes, qu’il s’agissent d’élèves venus des pays arabes, d’amérique,ou d’europe . Les cours ne se font qu’en hébreu avec moult gestes et expressions du visage. 

  

Dès le début, je m’applique, moi la si mauvaise élève d’antan,qui se retrouvait toujours dans la classe auprès du poële l’hiver. De retour à la maison je fais mes devoirs, je repète et à haute voix dans la petite chambre qui me sert de logis des dizaines de fois les mêmes mots pour bien les savoir le lendemain matin et en apprendre d’autres et d’autres encore. 

  

Cinq mois de cours à raison de 4 heures par jour, 6 jours par semaine puis l’examen qui débouche sur le diplôme qui permet, soit de commencer à se débrouiller seul dans la vie, soit de continuer en deuxième année ce que je fais. 

  

Les profs aime les élèves comme moi qui les récompensent un peu des efforts qu’ils font pour faire rentrer, dans des cranes pas toujours prévus à cet effet, une langue qui pourtant n’est pas difficile mais qui ne se construit pas comme toutes les autres, qui s’écrit de droite à gauche, en signe inconnu pour presque tous, et dont la grammaire n’a rien à voir avec celle des autres langues, mais quand on fait ce que l’on fait avec amour et avec le désir de réussir, les choses alors deviennent simples, très simples.Comme ces enseignantes m’ont à la bonne, je suis invitée très souvent chez elles pour les fêtes, ou pour un simple petit café, on me passe des livres pour me faciliter la lecture, on me donne des conseils, on me fait des compliments, on m’encourage. Ces trois classes seront pour moi un souvenir fantastique dont je me souviens encore aujourd’hui comme si c’était hier. 

  

J’ai aussi trouvé des petits boulots au noir puisque en tant que touriste, je n’ai pas le droit de travailler mais je dois passer par là car je n’ai pas les moyens de vivre à mes propres crochets.Je garde des personnes agées, en fin de vie et parlant français car ma réputation s’est faite de bouche à oreille et dès que je suis libre, un autre emploi m‘est offert. C’est ainsi que durant des années, je n’aurai jamais à chercher du travail, des petits bouts de papier seront glissés sous ma porte avec nom et numéro de téléphone pour un nouveau job, à tel point que cette facilité m’inquiète car si un jour la chance me quitte, je ne saurai pas, après des années de présence dans ce pays comment on cherche du travail. 

  

Bien sûr je rencontre des gens ici et là qui deviendront pour la plupart des amis qui me feront découvrir la ville, qui me parleront de leur vie qui me feront goûter à leur cuisine, je découvrirai des mentalités très différentes de la mienne, certaines qui me plairont beaucoup, d’autre moins,mais sur ce point, et même après des années de présence ici , je ne changerai pas et resterai celle que j’ai toujours été. 

  

Publié dans:ma vie |on 16 janvier, 2010 |Pas de commentaires »

la passagere du dernier train – 1ere partie

aachemindelavie.jpg15/08/2009 

  

Si on m’avait dit il y a encore quelques jours que j’écrirai de nouveau, j’aurais souri sans plus et je serais passée à autre chose. 

  

Seulement voilà ! l’imprévu, cela existe et c’est d’ailleurs ce qui fait le charme d’une vie déjà bien remplie et sur laquelle on pense avoir tout dit. 

  

  

Une fois encore ma muse a bien voulu me souffler les mots pour parler de 28 ans de présence dans le pays de mon cœur et voilà ce qu’elle m’a dit d’écrire : 

  

  

Je suis née pour la deuxième fois le 7 Mars 1981, lorsque j’ai posé le pied sur cette terre qui m’a accueillie et sur laquelle je vis depuis presque 30 ans : ISRAEL . 

  

Pourtant rien ne me prédisposait à ce bouleversement total car née bien française, bien catholique, bien parisienne, bien secrétaire, mal mariée, j’aurais dû rester ce que j’étais et continuer mon petit bonhomme de chemin jusqu’à la retraite, percluse de rhumatismes, apprendre à compter en euros, zapper de la 6 à TV5 en passant par « ARTE » enfin, tout ce qui fait le « bon français » 

  

Seulement c’est plus fort que moi, je dois toujours faire autrement que les autres ; mes parents se sont lamentés d’avoir une fille pareille, mon entourage à fait de moi  une folle avant l’âge, ah oui ! je me souviens aussi, j’étais une « loser » je ne savais pas saisir les chances qui passaient sur mon chemin et qui aurait dû faire de moi une citoyenne, femme épouse, mère, amante, matérialiste comme il se doit. Non ! il fallait toujours que je parle de choses qui dérangent par exemple de l’attitude des « petits blancs » en Afrique, pays dans lequel j’ai vécu 6 ans et où j’ai vu comment mes semblables se conduisaient envers les autochtones, le rictus plein de mépris, ou encore des questions qui dérangent sur certains évènements qui ont eu lieu pendant la deuxième guerre mondiale et que tout le monde ou presque s’est empressé d’oublier de façon à, pour certains, soulager une conscience d’un poids très lourd. Je passe ici sous silence les faux-culs, les hypocrites et autres qui ont sillonné mon chemin.Eh bien un jour, j’ai compris pourquoi, étant différente de beaucoup d’autres, ma vie ne pouvait pas être telle que la leur. 

  

J’ai mis 20 ans à comprendre que mon destin était ailleurs et surtout là où se trouvaient des gens qui avaient souffert de la méchanceté, de l’indifférence, de la cruauté de la race à laquelle j’appartenais. 

  

Quand tout fut clair pour moi, j’ai pris une valise, 500 dollars et je suis partie, à 42 ans, vers ce petit point figurant sur la carte et qui s’est appelé de noms divers du genre : Canaan, Palestine, Israël, un petit point qui dérange tant de gens, qui est une épine dans le talon de tellement de jambes, qu’on l’a, au gré de la fantaisie de chacun , affublé d’un nom, puis débaptisé, et rebaptisé sans oublier au passage d’essayer de jeter à la mer les intrus qui osaient prétendre avoir un droit historique d’y fouler le sol. 

  

Ce peuple à la « nuque raide » (dixit Gl de Gaulle) appelé aussi « le peuple du livre »n’aurait rien d’exceptionnel si on l’avait laissé vivre sa petite vie bien tranquille sans s’occuper de lui mais voilà ! dès le départ il a dérangé et cela commence lorsque dans les livres religieux, il est écrit qu’il s’agit d’un peuple différent des autres et choisit par D-ieu que d’orgueil n’est ce pas ? à moins qu’il ne s’agisse d’une mauvaise interprétation du mot « différent » en effet, être différent ne veut pas dire (sauf pour les mal léchés) supérieur ou inférieur, cela veut dire « AUTRE » comme peuvent l’être les gens de différentes couleurs de peau, de différentes tailles ou poids.et comme en plus, ils avaient le toupet d’avoir une histoire plus  ancienne que beaucoup d’autres et détenteurs de l’ancien testament, berceau des trois grandes religions monothéistes, il n’en fallait pas plus pour vouloir anéantir ce monstre orgueilleux qui s’appropriait tout ce que les autres revendiquaient. Donc tout au long de l’histoire on les affuble de signes permettant de les distinguer des autres, on fixe des taxes spéciales rien que pour eux, on les chasse de là où ils vivent depuis des générations et on les rappelle quand on se rend compte que sans eux, les affaires périclitent, on les extermine (du moins on essaie) dans des camps de la mort, des négationistes diront que cela n’a jamais existé, et beaucoup le croiront car cela soulage la conscience de plus en plus lourde et noire des « ON » décidément très en colère. 

  

Qui sont donc ces gens, qui me reçoivent en 1981, qui vont me parler, m’aider, m’aimer ?, qui vais-je rencontrer alors que dans les premières années de ma présence sur ce sol, tout semble avoir été prévu d’avance, ? je n’ai qu’à me laisser guider au gré des rencontres dans la rue, dans l’autobus ; à peine je cherche où me loger que je trouve ; un travail ?  il vient à moi, apprendre l’hébreu et déjà l’oulpan me tend les bras ; me convertir ? tout, qui au départ semblait problématique, va s’enchainer pour me faciliter la tâche. Comment, dans de telles condition, ne pas penser que je suis sur le chemin qui est le mien, que je suis entrain d’accomplir mon destin ?mais que suis-je venue faire exactement ici ? 

Publié dans:ma vie |on 15 janvier, 2010 |Pas de commentaires »

une étoile au fond du coeur-15ème partie

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Pendant ce temps, elle se rend compte aussi qu’une nouvelle forme d’antisémitisme s’est installée en France. Aux informations, on apprend que tel jour, des pavés ont été jetés dans la vitrine d’une magasin appartenant à un juif. ; un autre jour c’est un passant, juif aussi et infirme qui est molesté dans la rue, et puis encore, on saccage des tombes au cimetière juif. 

 

  

Alors, ce qu’elle semblait avoir oublié pendant quelques mois refait surface et la submerge, elle décide de faire quelque chose à sa portée, elle écrit une lettre au Président de la République Monsieur Giscard d’Estaing  

  

Asnières le 29 Septembre 1980, 

Monsieur Valéry Giscard d’Estaing
président de la République
Palais de l’Elysées
55-57 rue du Fg Saint-Honoré
 75008 PARIS

 Monsieur le Président de la République, 

 

Tout être humain est citoyen de quelque part. 

Je suis donc, sans l’avoir voulu, française, sans appartenance politique et détachée de toute pratique religieuse. 

J’appartiens à une nation riche de son passé historique, qui a produit de grands hommes sur tous les plans, et qui a toujours fait valoir, en premier lieu, son droit à la liberté. 

Mais plus important que la liberté, il y a le droit à la vie et le respect de la personnalité d’autrui. 

Or, une vague d’antisémitisme déferle sur notre pays et personne ne semble s’en soucier outre mesure. Par notre inaction ou encore notre souhait de neutralité, nous sommes en train de laisser s’installer les prémices d’un nouvel holocauste, dont nous saurons dire, lorsqu’il sera passé , que nous n’y étions pour rien. 

 

Pourtant l’histoire des années 39-45 est là pour nous rappeler que si l’homme est capable d’actes héroiques,  il peut aussi accomplir des atrocités sans nom et que dans ce cas, nombreux sont ceux qui agissent et beaucoup plus nombreux sont ceux qui laissent faire. 

En tant que représentant de notre pays, vous êtes le seul à pouvoir faire prendre conscience à chacun de nous que, rester insensible à ce qui se prépare, équivaut, à brève échéance, à la perte de notre dignité 

  

Or cette prise de conscience ne peut se faire que par la position que prendrait le Gouvernement français en face de ce problème. Dissoudre un mouvement tel que la F.A.N.E,  tout en laissant ses représentants libres d’aller colporter leurs idées antisémites, est une action inutile qui ne peut que donner bonne conscience qu’à ceux qui n’en ont pas. 

  

  

Je veux croire Monsieur le Président, que votre intelligence, votre richesse de cœur et votre conscience, sont à la mesure du rôle que vous avez accepté d’assumer. Ne permettez pas que la France puisse un jour avoir honte de ce qu’elle a fait ou laissé faire. 

Veuillez croire, Monsieur le Président de la République, à l’expression de ma considération distinguée 

  

  

  

Quatre jours plus tard, c’était l’attentat de la rue de Copernic : des grenades jetées dans une synagogue et quand elle apprendra de la bouche même du « minus » qu’elle n’a pas le profil souhaité et qu’elle doit changer si elle veut conserver son poste, elle décide de « changer en effet » de « tout » changer. Elle va partir en Israel, voir si on veut bien d’elle, si on accepte le pardon qu’elle vient demander. Pour cela, elle est prête à tout car le moment est venu pour elle, non pas de convaincre, comme le lui avait dit le Rabbin, ça ! ça n’a pas marché, mais de demander et de recevoir l’identité qui convient à son âme. 

Le 7 Mars 1981, elle prend l’avion pour Tel-Aviv. Trois ans après elle est devenue juive,et israelienne ; elle a changé de nom, de langue, de métier, mais elle est restée la même, celle qui ne plie pas devant l’injustice, le mensonge, l’égoisme. 

 

Quand ses parents l’on su, ils l’ont insultée, et chacun à sa façon,l’a reniée. 

Quand elle regarde son passé, elle est intimement convaincue que si dans sa vie il n’y avait pas eu l’épisode « Afrique », avec tout ce que cela comporte, elle n’aurait jamais envisagé d’aller vivre à l’étranger. L’Afrique est une étape dans sa vie, Israel est son destin qu’elle a eu la chance d’accomplir 

  

Elle aura soixante dix ans le 26 Octobre 2008,. Scorpion, ascendant scorpion, retraitée depuis dix ans, des petits moyens pour vivre mais qui lui suffisent. 

 

Elle ne s’occupe plus des animaux à deux jambes mais des êtres à quatre pattes, 11 chats et 2 chiennes et dans la rue, 15 chats qu’elle nourrit et caline chaque jour.

 Elle est heureuse, elle n’a plus besoin de se battre et espère qu’elle n’en aura plus l’occasion.  

  

Ah si ! un intrus est venu perturber sa quiétude ; on appelle ce genre d’individu un « ordinateur » . Elle pensait qu’ils allaient bien s’entendre tous les deux, faisant de belles choses ensemble, se rendant de petits services, et bien non ! Monsieur « Jordy » n’en fait qu’à sa tête : il paume les textes qu’elle a mis des heures à taper – les copier-coller qu’elles fait pour décorer son blog ne restent jamais, pour la plupart, plus de vingt quatre heures. Il est têtu, mais elle aussi alors d’après vous, qui finira par avoir le dessus ???????? 

  

Publié dans:ma vie |on 14 janvier, 2010 |Pas de commentaires »

une étoile au fond du coeur-14ème partie

dcobleuettte.jpgQuatre mois plus tard, remise sur « pied », elle trouve un autre emploi comme chef du service documentation. Il s’agit de remplacer Madame Chenut qui part à la retraite et qui, comme Madame Colbert de la M.I.T., a dirigé le service de main de maitre, dans sa cage de verre (comme Kouakou le caissier) elle règne sur son petit monde qui se compose de deux dactylos et qui, à part respirer, n’ont pas le droit de faire grand chose d’autre que de baisser le nez sur le clavier de leur machine à écrire et de taper des devis toute la journée. 

Tout dans cette société respire la tristesse. Deux grands pontes régissent ce petit monde : le D.G. Hector, petit, cheveux rares et gras, dents jaunes et mal rangées, habillé de pantalons qui trainent par terre afin de dissimuler les hauts talons fixés à ses chaussures pour gagner quelques centimètres et affublé en permanence de sa secrétaire, vierge constipée, qui le suit comme un petit chien , et le Directeur Technique Monsieur Alain, très grand, très mince très moustachu et barbu, très pressé (comme l’était Gourde) et au moins aussi con que le D.G. 

Elle remarque que tous les employés, de la téléphoniste en passant par les représentants pour finir par le comptable, rasent les murs dans les couloirs et se courbent bien bas, s’ils rencontrent un des directeurs, chacun tremble pour son poste, car le chomage commence à s’installer confortablement. 

Ayant déjà gouté à ce genre de compagnie, elle préfère rester au bureau avec ses filles pendant la pose déjeuner, ou encore va manger un sandwich avec elles au tabac du coin, ce qui a déclanché la colère de la direction qui pense qu’on ne mélange pas les torchons avec les serviettes ; bien que prévenue par un collègue que sa « mésalliance » est mal perçue, elle continue, très triste de constater que les « petits blancs » existent aussi en France. 

Hector veut tester la nouvelle qu’il a déjà dans le colimateur et la convoque dans son bureau : 

«  Madame, votre bureau (cage de verre) est situé juste à côté de la porte d’entrée et de ce fait, vous voyez parfaitement les entrées et sorties de chacun et aussi les retardataires. Ici, il n’y a pas de pointeuse, ce qui ne veut pas dire qu’il ne doit pas y avoir de discipline aussi, je vous demande de bien vouloir me signaler les allées et venues inutiles ainsi que les retards. 

Eh ben merde alors ! A Levallois-Perret il y  a aussi des « cafards »et c’est sur elle que ça tombe. Bien sûr qu’elle ne va pas s’abaisser à cafter, mais comme il faut bien faire quelque chose, elle attirera l’attention des amateurs de la porte de sortie, leur disant que par les temps qui courent, il serait peut-être bon de faire attention…… 

Hector n’est pas très patient, c’est pour cela qu’au bout de quelques jours et ne la voyant pas revenir au rapport, il a sorti de son coffre « son » petit carnet rouge et à la page qui lui est réservé il écrit : n’obéit pas aux ordres reçus. 

C’est alors qu’Alain va rivaliser de connerie avec son accolyte : Déboulant dans son bureau, il lui demande de bien vouloir lui dactylographier, sur des bandes prévues à cet effet, le nom des clients pour qu’il puisse les classer dans des dossiers suspendus, dans son armoire. 

A peine sorti du bureau, entre Hervé, un gentil représentant qui vient lui demander le même travail, pour des dossiers différents et il ajoute : 

« Si vous pouviez le faire rapidement, je pars pour trois jours en déplacement et je voudrais classer mes dossiers avant. 

Qu’a cela ne tienne ! et elle s’attelle à sa nouvelle tâche et remet les bandelettes à l’intéressé. 

Ce qu’elle ne savait pas la pauvrette, c’est que les dossiers d’Hervé se trouvent, eux aussi, dans l’amoire d’Alain ; quand ce dernier voit qu’un inférieur classe ses documents avant lui, il bondit : 

«  qui vous a tapé les bandelettes ? 

« Ben, la nouvelle.

 « Quand lui avez-vous donné le travail à faire ? 

«  Ben, il y a cinq minutes 

Là, s’en est trop ! il arrive dans le local de l’impertinente : 

«  Pourquoi avez-vous fait le travail d’Hervé avant celui que je vous avais donné ?

 «  Il part dans une demi-heure et il était pressé. 

«  et moi, je ne le suis pas ? Vous n’avez aucun respect de la préséance ! pourquoi n’avez-vous pas commencé par ma demande ? 

Et elle s’entend répondre : 

«  Parce qu’il me l’a demandé gentiment. 

«  Ah bon ! maintenant il faut être gentil pour obtenir quelque chose dans ce bureau ? 

«  Ben, ça aide . 

Les deux dactylos ont, comme dans le temps de Chenut, baissé le nez sur leur clavier et tapent  à toute vitesse. 

Alain a dû aller se plaindre à Hector qui aura, bien sûr, ressorti son petit carnet rouge pour indiquer, à la page qui, décidément se remplit très vite : « ne respecte pas la Hiérarchie. »       

Publié dans:ma vie |on 13 janvier, 2010 |Pas de commentaires »

une étoile au fond du coeur-13ème partie

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Là, il est un instant saisi car bien qu’il ait toujours prétendu avoir l’âme d’un aventurier, le plus grand et l’unique voyage qu’il se soit payé dans son existence c’est d’avoir fait une partie de son service militaire en Allemagne. Il fait un peu partie de ces gens qui se prétendent de grands sportifs car ils regardent chaque dimanche le match à la télé, d’où le dilemme. L’âme conquérante va-t-elle convaincre les pieds de ne pas rester dans leurs pantouffles ? Et pourquoi ne demanderait-il pas à sa bonne femme ce qu’elle en pense ; comme elle est affublée de deux mouflets et de surcroit devenue une loque, elle lui dira surement non et ainsi il se sacrifiera, une fois de plus, gardant au fond de son cœur, la nostalgie des cocotiers qu’il aurait bien aimé voir si….  

  

Elle a dit « oui » ça vous étonne ? elle aussi ! ayant remué le problème dans tous les sens, elle s’est dit que comme cela ne pouvait pas être pire, un changement de continent, de vie, pourrait peut-être apporter une amélioration, un oxygène nouveau dans ce couple essouflé. 

  

Il a été embauché et à d’abord fait un stage de quelques mois à Paris pour se familiariser avec les matériaux qu’il ne connaît pas puis le grand jour est arrivé, il part le premier pour trois mois, la famille le rejoindra une fois qu’il aura fait ses preuves sur le tas. 

 Un mois qu’elle est seule avec les enfants. Finies les scènes, finie cette atmosphère lourde, on s’organise des petits programmes, on dine ensemble plus tôt et sans télé comme cela maman et les enfants peuvent parler ; après, on s’installe au salon en choisissant les programmes qui plaisent à tous, on fait des petites concessions 

  

Le mari a fait savoir que tout allait bien et qu’elle pouvait préparer les cantines, vendre les meubles et chercher des locataires pour l’appartement 

  

Les cantines sont bouclées mais elle n’arrive pas à les faire partir ; elle se sent si bien qu’elle n’a pas envie de le rejoindre mais elle sait aussi que si elle ne vient pas, il risque de perdre son emploi. Un jour, il téléphone ; elle lui parle franchement « est-ce-que si je restais en France avec les enfants, tu pourrais conserver ton poste ? » la réponse nette, claire et précise tombe comme un couperet : « arrête tes conneries et viens ! ».

 

  

POURQUOI N’A-T-IL PAS PARLE ALORS ? CAR S ‘Il   L’AVAIT FAIT ? TOUT CE SERAIT PASSE AUTREMENT MAIS……….                                                    

  

  

               **************************************** 

  

  

……..Après son passage à Nice, elle arrive enfin à Asnières. Dès le départ des locataires, son fils David, a repeint presque tout l’appartement pour lui faire plaisir.

 Leurs rapports ne se sont pas vraiment arrangés, car comme en Afrique, ses études laissaient à désirer, il a été envoyé en France et en Suisse pour les poursuivre et ils ont donc été séparés pendant deux ans, avec de brèves rencontres pendant les vacances scolaires ; David a dû considérer cela comme un autre abandon.  

  

Les trois premiers mois vont être consacrés aux démarches administratives, remeubler l’appartement, se réhabituer à la « France » et un jour qu’elle se rend à l’A.N.P.E.pour pointer, elle voit une annonce qui lui plait : emploi près de chez elle, responsable administrative dans une société dont la maison mère est anglaise et qui importe et vend des pièces électroniques. 

 

Elle s’est présentée, la direction au grand complet est venue voir l’animal étrange arrivé d’Afrique, qui a un curriculum vitae et des lettres de références longs comme le bras et elle a été embauchée ; elle travaille directement sous la coupe du Directeur Général, homme jeune et dynamique.

 

Alors qu’elle est en place depuis trois semaines, elle arrive un matin au bureau, il pleut,  elle glisse et ….. se casse la jambe, juste le jour de son anniversaire : deux fractures, opération, arrêt de travail. On ne peut pas l’attendre aussi longtemps et comme elle est en période d’essai, on se quitte gentiment avec malgré tout une bonne indemnité pour « tenir le coup » 

Publié dans:ma vie |on 11 janvier, 2010 |1 Commentaire »
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