Archive pour novembre, 2009

la passagère du dernier train -5ème partie

aachemindelavie5.jpgMême si je suis consternée de constater que j’ai fait une grosse bétise, la vie ne s’arrête pas pour autant ; de plus j’ai appris que lorsque l’on fait une erreur, il est inutile de se sentir coupable le reste du temps ; les erreurs sont là pour en comprendre le sens et à partir du moment où on ne les recommence pas deux fois, la leçon a été utile. 

  

Maintenant que je peux travailler au grand jour, je continue à m’occuper de personnes agées mais là, officiellement. Je suis inscrite sur la liste des aides-soignantes du plus grand hopital de Tel-Aviv et je ne manque jamais de travail. C’est ainsi que je vais oeuvrer plus de 4 ans dans une famille composée du vieillard « Stéphen » et de sa fille « shoshana » qui elle, travaille comme secrétaire dans ledit hopital et dans le service gériatrique et a donc accès à la liste des meilleures postulantes. 

  

Ces quatre ans ½ seront très dures à vivre car hormis les premiers mois destinés à faire connaissance, je me rendrai compte que je suis tombée dans une famille de parvenus, imbus de leur statut social, méprisant pour tout ce qui ne leur ressemble pas. Stéphen, 90 ans, d’origine tchékoslovaque, docteur de son état, passe son temps à raconter son passé dans lequel il a, bien entendu, un rôle primordial, faisant de tout son entourage des subalternes bien dressés et il attend de moi,que je m’incline et réponde à ses moindres désirs, mais lorsque, lors d’une douche, il croit avoir le droit de s’approcher un peu trop de moi avec un regard lubrique et que je refuse ses avances dont j’aurais dû, selon ses dires, être très fière, les choses vont se compliquer car maintenant il a peur de ma réaction vis à vis de sa fille, vais-je lui parler ? et si oui comment vais-je raconter ? dois-il parler le premier de façon à raconter l’histoire à son avantage ? 

  

Je ne sais pas ce qu’il a fait, ni ce qu’il a dit, et comment, mais sa fille va me prendre en grippe et pour un rien me rabaisser autant qu‘elle le pourra faisant de moi parfois sa bonne à tout faire.Alors je vais retrouver peu à peu le caractère que j’avais en Afrique et en France, je vais moi aussi me battre à ma manière, d’abord par le silence, ensuite par le refus non exprimé de faire les tâches qui, d’après moi, ne m’incombent pas. La tension monte chaque jour d’un cran et un jour le drame éclate ; Stéphen me fait savoir par des mots blessants dont il a le secret que je ne vaux rien, que je ne sais rien, que je ne suis rien et que des gens de mon espèce n’ont que deux droits : celui d’exécuter les ordres et de dire merci. 

  

Le choc a été rude mais grace à lui, de retour à la maison, j’écrirai un livre, «  l’Entonnoir » livre dans lequel je parle du mépris des petits blancs pour les africains lors de mon séjour en Côte d’Ivoire, mépris qui ressemble fortement à celui dont je viens de faire les frais. Quant à la suite, elle  est simple. J’ai arrêté de parler à mon malade me contentant de faire mon travail, lui a essayé de s’expliquer, de se justifier en vain, je suis un mur et si cela ne plait pas, il faut que l’on me renvoit mais comme cela coûte très cher et qu’il faudra trouver une raison autre que la véritable, on va me supporter encore quelques temps, Stéphen va tomber malade , il est hospitalisé et vit ces derniers instants. Je suis là près de lui, je sens qu’il veut partir mais aussi que quelque chose le retient parmi nous, et tout à coup je réalise que sa kippa ( petit chapeau rond des gens croyants ) est dans le tiroir de la table de nuit ; je la sors, je la lui pose délicatement sur le crane, il prend une grande inspiration et le regard dans le vide, nous quitte pour toujours. 

  

Pendant mon séjour dans cette délicieuse famille, la guerre du golf a éclaté. Nous sommes en 1990, j’ai 52 ans, j’habite A tel-aviv un deux pièces bien grandes et un superbe balcon de 6 mètrs de long. L’immeuble s’est vidé de ses locataires le temps du conflit car ceux-ci sont aller vivre dans leur famille située dans des villes plus calmes, je suis donc seule le jour où des éclats de missile s’écrasent à 1mètre 50 de mon immeuble ravageant tout sur leur passage, coupant l’électricité, mettant le feu aux voitures en stationnement. Un instant l’immeuble à tremblé sur ses fondations, j’ai attendu qu’il s’écroule, un grand silence s’est installé jsuqu’au moment ou des bruits et des cris ont été perçus dans les escaliers ; les pompiers, la police, la télévision grimpent quatre à quatre les étages à la recherche de morts ou blessés, j’ouvre ma porte. On veut me faire sortir mais je refuse car j’ai des bêtes avec moi, 6 chats et 2 chiennes et il n’est pas question que je les laisse seules.  Les pompiers constatent qu’il n’y a pas de danger car la fumée émanant des véhicules qui brulent n’arriveront pas jusqu’à chez moi puisque j’habite à l’arrière de l’immeuble. Un micro à la main, une caméra sur l’épaule, les gens de la télé m’interroge, je raconte, bien peu de chose en vérité car c’est le 19ème missile qui s’abat sur la ville et c’est toujours la même histoire. Il n’empêche que quelques jours après , je serai invitée à participer à une émission de télé ; j’aurai mon petit instant de gloire, plus tard je recevrai des lettres de téléspectateurs ; l’un me demande en mariage (il paraît que je ressemble comme deux gouttes d’eau a une ex-amie qu’il a beaucoup aimée) et moi, j’apprécierai toujours la délicatesse des israëliens qui, croyant faire un compliment, se ridiculisent sans s’en rendre compte, une autre lettre me proposant de m’occuper d’une vieille mère bien gentille, et aussi on veut bien mettre à ma disposition une chambre puisque l’on a compris, ce qui est faux, que je n’ai plus de maison. Et puis le rideau retombe, la guerre se termine, chacun retourne à ses petites mesquineries quotidiennes. 

Publié dans:mes écrits et ceux des autres |on 9 novembre, 2009 |Pas de commentaires »

la passagère du dernier train -4ème partie

aachemindelavie4.jpgJe cherche donc une famille juive religieuse francophone qui accepterait de m’apprendre en français ce que je n’ai pas compris en hébreu et… je la trouve, mieux encore, celle famille habite en face de l’école religieuse ; je suis sauvée mais un petit miracle va se produire me prouvant là encore que je suis sur le chemin qui est le mien. 

  

Régine,a un jour un problème et ne peut me recevoir le soir même pour ma révision de cours, alors elle traverse la rue et sonne à la porte de l’école. C’est mon maitre qui lui ouvre et il va donc apprendre, et les problèmes que je rencontre dans l’apprentissage des cours et les efforts que je fais pour réussir et quand en plus on lui dit que je m’occupe d’une femme mourante et ce 24 heures sur 24 sauf les quelques heures de cours durant lesquels on me remplace, il fait part de sa découverte à la direction qui me convoque aussitôt ; le directeur, un homme que je n’avais pas trouvé très sympathique au début,m’annonce que devant ma bonne volonté et mon sérieux dans les études, je serai comme les autres élèves et irai jusquà la conversion complète dans cette même école.Comme d’habitude, une aide qui arrive sans prévenir, comme tombée du ciel …… 

  

Le Rabbin qui nous fait la classe est un homme que je n’oublierai jamais. Il est arrivé en Israël il y a quelques années, venant d’Amérique et dès qu’on le voit on sent que cet homme est plein d’amour envers le monde tout entier.Il fait ses

cours avec amour, nous apprend les prières avec amour nous parle de sa famille avec amour ; alors dans de telles conditions, plus rien n’est difficile à comprendre et à assimiler. 

  

Les cours sont finis, l’examen a été passé et réussi, reste à faire « cachériser la maison » c’est à dire que des religieux viennent nettoyer pour la rendre pure ; puis le « mikvé » le bain sacré qui se passera à Nazareth. Trois rabbins nous reçoivent, chacun à notre tour, pour un examen succint celui là , mais dont nos réponses prouvent que nous avons bien appris ce qui nous sera nécessaire pour mener une vie religieuse selon les règles. Ensuite, nous nous trempons dans un bain, une prière est faite par un des trois rabbins et c’est fini, me voilà devenue juive pour le pire et le meilleur.Cela non plus je ne l’oublierai jamais car la cérémonie était très émouvante et je le sens, je viens de donner une identité à mon âme, je resterai celle que j’ai toujours été mais à l’intérieur de moi-même un bien-être immense s’est installé et y restera jusqu’à mon dernier souffle. 

  

Au ministère de l’intérieur, je vais chercher ma nouvelle carte d’identité. Je n’ai changé que mon prénom « Yaël » contre « Jeannine » et j’ai gardé mon nom de famille « Avranche » mais lorsque mon père m’enverra une lettre dans laquelle il me demande comment j’ai pu faire entrer dans une famille aussi française  que la nôtre un prénom aussi juif, je retournerai au ministère pour faire changer également mon nom de famille qui deviendra « Avraham » ainsi les choses sont bien claires : les juifs avec les juifs, les goys avec les goys. Mon père n’en saura jamais rien car déjà malade, je n’ai pas l’intention de faire son éducation et comme il mourra peu après, les choses en resteront là. Pour m’avertir de son décès, je recevrai un télégramme très laconique « père décédé » non signé ; décidément on ne m’aime pas beaucoup dans mon ancienne famille. 

  

Les mois qui vont suivre vont être très bizarres car je n’ai plus au dessus de la tête cette chape de plomb que je ne sentais pas certes, mais maintenant qu’elle a disparu, je fais la différence, alors un instant décontenancée, je vais me contenter de vivre ma petite vie de tous les jours et commencer à…. m’ennuyer. Et c’est là que tout va basculer, je ne vais pas m’en rendre compte mais c’est à ce moment que je vais donner à ma vie un tournant qu’elle n’aurait jamais dû prendre. 

  

On le sait maintenant je crois au destin, à celui auquel on participe, celui que l’on construit parfois un peu en aveugle mais malgré tout guidé par….. 

  

J’ai rencontré « Iori » dans mon travail ; nous nous relayons au chevet d’un grand malade. Iori est Yéménite, pleine de vie, très charismatique,se sentant bien partout et elle va me faire découvrir le « tel-Aviv by night »Avec elle, je vais aller danser dans des boites pour célibataires des deux sexes sur une musique des années 60, celle que j’adore et là, un boulevard s’ouvre devant moi, des rencontres à la pelle, des aventures à la louche autant de choses que je n’ai jamais vécues à ce point. J’ai 45 ans, je perçois confusément que le temps de plaire va bientôt se terminer pour moi et si j’ai encore un peu de succès, je dois en profiter pour me tricoter des souvenirs pour mes vieux jours. 

  

Cette vie que malgré tout je ne regrette pas, va durer quelques années. Je vais rencontrer des hommes  mariés mais qui se disent célibataires, des types un peu largués et qui cherchent sans le dire, une bobonne pour laver leur linge et les nourrir, d’autres pas très recommandables, mais qui heureusement ne feront que passer dans ma vie. Le seul problème c’est que ce genre de vie, incompatible et avec ma conversion, et contraire à ce dont mon âme a besoin, va m’éloigner de mon véritable chemin, je ne rencontrerai pas les gens qui auraient pu me conduire vers une autre sorte de vie et quand je m’en rendrai compte, il sera trop tard. Tout ce qui va suivre ne sera pas ce que j’aurai dû vivre ; j’espère un instant que la chance que j’ai laissé passer va repasser mais je le sais maintenant, 20 ans après il n’en sera rien. 

Publié dans:mes écrits et ceux des autres |on 9 novembre, 2009 |Pas de commentaires »

la passagère du dernier train – 3ème partie

aachemindelavie3.jpgLes profs aime les élèves comme moi qui les récompensent un peu des efforts qu’ils font pour faire rentrer, dans des cranes pas toujours prévus à cet effet, une langue qui pourtant n’est pas difficile mais qui ne se construit pas comme toutes les autres, qui s’écrit de droite à gauche, en signe inconnu pour presque tous, et dont la grammaire n’a rien à voir avec celle des autres langues, mais quand on fait ce que l’on fait avec amour et avec le désir de réussir, les choses alors deviennent simples, très simples.Comme ces femmes m’ont à la bonne, je suis invitée très souvent chez elles pour les fêtes, ou pour un simple petit café, on me passe des livres pour me faciliter la lecture, on me donne des conseils, on me fait des compliments, on m’encourage. Ces trois classes seront pour moi un souvenir fantastique dont je me souviens encore aujourd’hui comme si c’était hier. 

  

J’ai aussi trouvé des petits boulots au noir puisque en tant que touriste, je n’ai pas le droit de travailler mais je dois passer par là car je n’ai pas les moyens de vivre à mes propres crochets.Je garde des personnes agées, en fin de vie et parlant français car ma réputation s’est faite de bouche à oreille et dès que je suis libre, un autre emploi m‘est offert. C’est ainsi que durant des années, je n’aurai jamais à chercher du travail, des petits bouts de papier seront glissés sous ma porte avec nom et numéro de téléphone pour un nouveau job, à tel point que cette facilité m’inquiète car si un jour la chance me quitte, je ne saurai pas, après des années de présence dans ce pays comment on cherche du travail. 

  

Bien sûr je rencontre des gens ici et là qui deviendront pour la plupart des amis qui me feront découvrir la ville, qui me parleront de leur vie qui me feront goûter à leur cuisine, je découvrirai des mentalités très différentes de la mienne, certaines qui me plairont beaucoup, d’autre moins,mais sur ce point, et même après des années de présence ici , je ne changerai pas et resterai celle que j’ai toujours été. 

  

De rencontre en rencontre, j’ai fait la connaissance de Geneviève, une française plus agée que moi qui travaille dans une société dont le trésorier est un rabbin francophone, ministre des prisons. 

  

Geneviève à été très émue par mon histoire et encore plus par ma démarche et elle a parlé de moi autour d’elle, alors, lorsque je décide de me convertir, c’est tout naturellement  qu’elle me présente au ministre qui va m’aider à trouver le chemin de la conversion chose qui n’est pas facile car le rabinat est, avec raison, contre les conversions et met plein d’embuches sur le chemin de ceux qui veulent devenir juifs, ceci pour éprouver la solidité de leur désir, car chez les religieux, une conversion pour obtenir la nationalité qui permet de travailler est une très mauvaise raison et pour épouser un ou une juive est encore pire. 

  

Il faut comprendre qu’être juif n’est pas facile, cela comprend une infinité de règles, 613 commandements,applicables chaque jour et qui concerne, la vie sous tous ses angles, la vie familiale, la nourriture, les fêtes que l’on se doit de connaître à fond pour en respecter toutes les règles et les commandements qui s’y appliquent. Alors si les juifs eux mêmes, nés dans un milieu religieux et ayant baigné depuis l’enfance dans tous ces rites, s’en détachent, recherchant une vie plus facile et plus agréable selon eux, un converti ne tiendra pas le coup et abandonnera très vite les promesses que pourtant il a faites ; ayant épousé un ou une juive, ce ou cette dernière sera elle aussi perdue pour la communauté or, on dit ici que « lorsqu’un juif quitte la communauté, toute la communauté est en deuil » Ce qui explique que les Rabbins, ne cautionnent pas les conversions et font tout pour en dégouter celui qui en fait la demande. 

  

D’ailleurs cette aide que je reçois va, au début, me nuire car on me fait savoir que je suis acceptée aux cours uniquement parce que l’on m’a imposée, mais ceux-ci  terminés, je devrai me débrouiller pour continuer seule les démarches à faire alors que pour les autres élèves, tout se fait jusqu’au bout dans cet établissement.Comme je ne comprends pas bien la portée de telles paroles, je ne m’alarme pas et  débutent alors des cours qui vont durer 7 mois à raison de 2 h par jour, le soir, 5 jours par semaine et là, un sérieux problème va se poser : mes connaissances en hébreu sont suffisantes pour le parler de tous les jours mais insuffisantes pour les règles religieuses car comportant un vocabulaire qui m’est inconnu. Or prendre par écrit, deux heures de cours par jour dans une langue dont on ne comprend pas la plupart des mots,devoir retranscrire ce que l’on ne comprend pas avec des signes qu’on ne dessinent que très lentement, rend impossible ou presque la révision du cours sur lequel on ne revient pas le lendemain car il y a beaucoup de choses à apprendre et peu de temps pour le faire. 

  

Publié dans:mes écrits et ceux des autres |on 9 novembre, 2009 |Pas de commentaires »

la passagèe du dernier train-2ème partie

aachemindelavie2.jpgEn France, un rabbin à qui j’avais confié mon désir de devenir juive m’avait répondu très gentiment que D-ieu ne commettant jamais d’erreur, si j’étais née chrétienne, je devais le rester.Mais vingt ans après, forte de toutes les découvertes que j’ai faites sur ce peuple et son histoire, je suis venue ici pour demander pardon au nom des gens de ma race, de ce qui a été perpétré contre lui,pour vivre avec ceux qui ont été haïs et non avec les bourreaux. 

  

Au début, je ne comprends pas bien ce que l’on me dit car je ne maitrise pas cette langue que je vais apprendre à lire, écrire et aimer mais cela n’a pas d’importance car les problèmes que je rencontre ont été vécu par tous ceux qui sont arrivés avant moi, alors à coup de mimiques, de gestes, on s’explique, et ça marche. Ici, la plupart des gens viennent d’ailleurs, de tous les coins du monde et on amené avec eux, leur langue, leur culture,leurs souvenirs, c’est un patchwork inimaginable. A cela s’ajoute la façon de vivre et de penser : il y a les religieux, les laïcs, les athées, les politiquement corrects, ceux de gauche,  de droite,les grincheux, les  universitaires et les illétrés, les séfarades et les ashkénazes, les bronzés, et les blonds aux yeux bleus, les bons et les mauvais, les riches et les pauvres, les honnêtes et ceux qui le sont moins ou pas du tout. 

  

Ici, on fait des gestes, on parle fort, on bouscule, on ne respecte pas la priorité dans les autobus, on y fume même et il faudra des mois pour que les voyageurs les plus récalcitrants, acceptent d’éteindre leur cigarette avant d’y monter. 

  

La discipline n’existe que dans l’armée, mais dans le civil c’est un peu la foire où chacun joue des coudes pour se faire entendre et s’affirmer. Mais malgré tout, cela est fait dans la bonne humeur et les coups de gueule ne durent jamais bien longtemps car si la susceptibilité  est à fleur de peau, le fond dans l’ensemble est bon. 

  

Mon premier souci est de parler l’hébreu, seul moyen pour pénétrer cette société qui semble m’attendre. L’oulpan dans lequel je fais mes premières armes est un modèle du genre, avec des enseignantes de métier et qui savent d’expérience les problèmes que rencontrent tous les nouveaux immigrants, problèmes qui ne sont pas les mêmes, qu’il s’agissent d’élèves venus des pays arabes, d’amérique,ou d’europe . Les cours ne se font qu’en hébreu avec moult gestes et expressions du visage. 

  

Dès le début, je m’applique, moi la si mauvaise élève d’antan,qui se retrouvait toujours dans la classe auprès du poële l’hiver. De retour à la maison je fais mes devoirs, je repète et à haute voix dans la petite chambre qui me sert de logis des dizaines de fois les mêmes mots pour bien les savoir le lendemain matin et en apprendre d’autres et d’autres encore. 

  

Cinq mois de cours à raison de 4 heures par jour, 6 jours par semaine puis l’examen qui débouche sur le diplôme qui permet, soit de commencer à se débrouiller seul dans la vie, soit de continuer en deuxième année ce que je fais. 

  

Publié dans:mes écrits et ceux des autres |on 9 novembre, 2009 |Pas de commentaires »

la passagère du dernier train

aachemindelavie.jpgLA PASSAGERE DU DERNIER TRAIN. 

  

15/08/2009 

  

Si on m’avait dit il y a encore quelques jours que j’écrirai de nouveau, j’aurais souri sans plus et je serais passée à autre chose. 

  

Seulement voilà ! l’imprévu, cela existe et c’est d’ailleurs ce qui fait le charme d’une vie déjà bien remplie et sur laquelle on pense avoir tout dit. 

  

Il reste pourtant un dernier pan de mon existence dont je n’ai pas parlé. 

  

Je suis née pour la deuxième fois le 7 Mars 1981, lorsque j’ai posé le pied sur cette terre qui m’a accueillie et sur laquelle je vis depuis presque 30 ans : ISRAEL . 

  

Pourtant rien ne me prédisposait à ce bouleversement total car née bien française, bien catholique, bien parisienne, bien secrétaire, mal mariée, j’aurais dû rester ce que j’étais et continuer mon petit bonhomme de chemin jusqu’à la retraite, percluse de rhumatismes, apprendre à compter en euros, zapper de la 6 à TV5 en passant par « ARTE » enfin, tout ce qui fait le « bon français » 

  

Seulement c’est plus fort que moi, je dois toujours faire autrement que les autres ; mes parents se sont lamentés d’avoir une fille pareille, mon entourage à fait de moi  une folle avant l’âge, ah oui ! je me souviens aussi, j’étais une « lozer » je ne savais pas saisir les chances qui passaient sur mon chemin et qui aurait dû faire de moi une citoyenne, femme épouse, mère, amante, matérialiste comme il se doit. Non ! il fallait toujours que je parle de choses qui dérangent par exemple de l’attitude des « petits blancs » en Afrique, pays dans lequel j’ai vécu 6 ans et où j’ai vu comment mes semblables se conduisaient envers les autochtones, le rictus plein de mépris, ou encore des questions qui dérangent sur certains évènements qui ont eu lieu pendant la deuxième guerre mondiale et que tout le monde ou presque s’est empressé d’oublier de façon à, pour certains, soulager une conscience d’un poids très lourd. Je passe ici sous silence les faux-culs, les hypocrites et autres qui ont sillonné mon chemin.Eh bien un jour, j’ai compris pourquoi, étant différente de beaucoup d’autres, ma vie ne pouvait pas être telle que la leur. 

  

J’ai mis 20 ans à comprendre que mon destin était ailleurs et surtout là où se trouvaient des gens qui avaient souffert de la méchanceté, de l’indifférence, de la cruauté de la race à laquelle j’appartenais. 

 à suivre…….. 

Publié dans:mes écrits et ceux des autres |on 9 novembre, 2009 |Pas de commentaires »
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