les aventures d’une vieille carcasse – 9ème partie

aabouquetdefleur1.jpgA quelque temps de là, mon classement mensuel fléchissant un peu, j’arrive un midi de l’école et sur la table, trône un gros bouquet de fleur encore dans son emballage. C’est la première fois que la chose arrive, je ne demande rien mais au moment de repartir pour l’école ma mère me dit : « tiens ! prends ça, c’est pour ta maitresse ». 

Je regarde le bouquet, je regarde ma mère avec un air si ahuri qu’elle répète sa phrase et là ! je m’entends dire ; « NON  »! Comme chez Madame Maillard, les yeux de ma mère gonflent,  gonflent et sortent de leur nid, c’est sur, ils vont tomber. « Comment ? qu’as tu dit ? » mais je ne réponds rien, le courage de résister n’est pas mon fort et je réalise que je viens de commetre un crime de lèse majesté. Sa main se lève et pour une raison que je ne comprendrai jamais, j’ajoute : «  si tu m’obliges à le prendre, je le jetterai dans le caniveau une fois dehors ». Le bras se baisse, la claque retourne dans son antre pour la prochaine fois. Il est l’heure de partir pour l’école, je sors….. sans le bouquet. 

  

Quand je repense à ce moment, je ressens encore cette peur qui me vrille le ventre et ce grand étonnement d’être encore en vie, de ne pas avoir été frappée, ni punie, encore que pour ça ! je ne sais pas ce qui m’attend quand je vais rentrer mais pour l’instant je n’en reviens pas de mon courage. 

  

Il ne se passera rien, je ne serai pas punie, et je retournerai dans ma coquille. A chaque fois que l’on me dira, mère ou enseignantes : « baisse tes yeux insolente ! » je regarderai le parquet, dans l’attente des coups qui tomberont ou pas, c’est selon. 

  

Il me faudra des années pour que je comprenne à quel point j’étais lâche et la leçon une fois comprise je me jure que dorénavant, plus personne ne me dira de baisser les yeux, plus personne ne me fera peur au point de faire de moi une serpillière, mais pour en arriver là il me faudra beaucoup de temps durant lequel je tangoterai, deux pas en avant, trois en arrière. 

  

Ce qui m’a aidé à sortir de ma veulerie c’est lorsque j’ai réalisé que la culpabilité que je ressentais lorsque j’étais lâche était bien plus lourde à porter que la peur que je ressentais quand j’osais affronter les adultes car cette peur était suivie d’un sentiment de victoire, victoire sur moi ?, victoire sur les autres ?, je n’aurais pas su le dire mais victoire oui ! il y avait. 

  

Je ne sais pas à qui je dois dire merci, peut être à la chance que j’ai eue  de comprendre certaines choses qui n’étaient pas évidentes. 

  

Publié dans : mes écrits et ceux des autres |le 21 novembre, 2009 |Pas de Commentaires »

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