les aventures d’une vieille carcasse – 5ème partie

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Qu’est ce qu’elle a pu me casser les pieds cette voix qui arrivait quand je ne l’attendait pas, qui me foutait par terre mes raisonnements qui pourtant, j’en étais persuadée, étaient logiques. Quand elle en avait marre, elle faisait semblant de partir pour revenir à la charge un peu plus tard . Quand j’ai vu que je ne pouvais pas m’en débarrasser, je l’ai laisser m’envahir quand elle le voulait, bien décidée à me foutre royalement de ses conseils. Et pourtant c’est elle qui a gagné : 

  

A l’époque, j’en voulais à la terre entière, je n’étais pas heureuse,  et tout ce qui m’arrivait était de la faute des autres et moi j’étais la pauvrette, la mal aimée. C’est vrai que j’avais reçu plus de claques que de baisers et que les explications à mes questions avait, tout au long de ces années, brillé par leur absence : « arrête avec tes conneries me répondait mon père » « tu sauras ça quand tu seras plus grande disait ma mère » et moi je repartais dans mon ignorance et pour me donner l’impression que, quand même, je n’étais pas la dernière des dernières, je m’inventais des réponses et c’est ainsi que durant mes années d’enfance et d’adolescence, j’étais à la fois l’élève, le professeur, le dictionnaire et pourquoi pas…. La science infuse ; c’est pourquoi,  arrivée à l’âge de 18 ans,j’étais persuadée de tout savoir et  ce qui m’arrivait ne pouvait pas être de ma faute. Cela s’appelle la paranoïa.   

  

Merci petite voix d’être revenue sans cesse et sans cesse, de ne pas m’avoir laissé tomber comme une vieille chaussette que j’étais. C’est grâce à toi que j’ai compris une chose essentielle : La vie est comme une pièce de théatre ou chacun de nous a un rôle à jouer ; il y a bien sur interférence et interdépendance entre les acteurs mais chacun contribue à  la construction de ce qu’est notre vie en société .

Un jour que je maudissais la personne qui m’avait rendue si malheureuse, « petite voix » est revenue une fois encore pour me dire : «  mais dis-moi ! dans l’histoire que tu viens de vivre, quel à été ton rôle ? on t’a fait mal, on t’a blessée, mais n’as tu rien fait pour provoquer les évènements ? peut-être n’as tu rien fait non plus pour les éviter, réfléchis » et………..pour la première fois c’est ce que j’ai fait et j’ai fini par me rendre compte que dans cette situation comme dans toutes celles qu’il me serait donné de vivre, je serai moi aussi une actrice avec un rôle, parfois modeste, parfois important mais que la conclusion serait le résultat des actions de tous les protagonistes (y compris moi) et à partir de ce moment, j’ai commencé à comprendre que les choses n’étaient pas toujours toutes blanches ou toutes noires, que les responsables n’étaient pas toujours là où on les croyaient et que chacun portait une partie de la responsabilité qui incombe à tous. 

  

Il me faudra toutefois des années pour me servir intelligemment du conseil de « petite voix » et je me rendrai compte que n’ayant plus besoin de m’aider,elle disparaitra mais là encore je me trompais car tout au long de mon existence, elle sera à mes côtés et interviendra à chaque fois que cela sera nécessaire, de moins en moins au fur et à mesure que je comprendrai mieux les règles de vie sans lesquelles on n’est pas grand chose, mais surtout sans lesquelles on est malheureux. 

  

Cette petite voix s’appelle « conscience » elle est le « téléphone » qui nous relie, nous les pauvres bougres, à cette chose si grande, si parfaite, mais à laquelle pourtant nous sommes intimement liés, que nous le voulions ou pas et elle ne se trompe jamais. 

  

En hébreu, il y a soixante dix mots pour la nommer cette chose si grande, mais l’un d’eux, plus sacré que les autres,  ne doit pas être écrit d’un seul trait sinon on ne peut plus jeter le papier sur lequel il se trouve, c’est pourquoi lorsque je l’écris, je sépare l’une des lettres pour qu’il devienne un simple nom commun, c’est le mot : D-ieu. 

  

Demain sera un autre jour avec, entre autres, la suite de cette histoire qui, je l’espère, vous intéresse. 

Publié dans : mes écrits et ceux des autres |le 17 novembre, 2009 |Pas de Commentaires »

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